Un parfum de scandale flotte sur La Zarzuela, le palais royal espagnol. En effet, dans son ouvrage “Bâtards et Bourbons. Les enfants inconnus de la dynastie”, qui vient de paraître en espagnol, le journaliste José Maria Zavala étaie de vieilles rumeurs chuchotées dans les caminos et autres calle de Madrid à Barcelone : le roi Juan Carlos Ier d’Espagne, déjà père de trois enfants et grand-père de huit petits-enfants, aurait une descendance cachée !
Ce ne seraient non pas un, mais bien deux “bâtards” ou enfants illégitimes qui seraient nés des amours adolescentes ou postadolescentes du Souverain âgé aujourd’hui de 73 ans. Zavala s’est en effet intéressé aux relations amoureuses de la maison royale de Bourbon, connue pour sa riche descendance illégitime. Pour rappel, Juan Carlos 1er, fils de Juan de Borbón, est un descendant direct du roi Louis XIV et, avec le grand-duc de Luxembourg, l’un des deux derniers Bourbon “d’active”, c’est-à-dire en exercice sur un trône royal.

Juan Carlos a épousé en 1962 la princesse Sofia de Grèce, sœur de l’ex-roi de Grèce, Constantin II. À l’époque, Don Juan Carlos de Borbón a été fait prince d’Espagne par le dictateur Franco, son protecteur. Le Généralissime a l’intention d’en faire son successeur. Juan Carlos est intronisé roi d’Espagne deux jours après la mort de Franco, en 1975. Avec son épouse, il a eu trois enfants, les deux infantes, Elena (née en 1963) et Cristina (1965) et le prince Felipe, cadet né en 1968, mais héritier présomptif du Trône dans ce pays très catholique et conservateur. Il se dit que, depuis lors, le couple royal entretiendrait une relation de façade et vivrait “châteaux séparés”, la Reine passant beaucoup de temps en Grèce. Certains, en péninsule ibérique, verraient même en Juan Carlos un séducteur digne de son célèbre homonyme Don Juan.

Le Fruit d’un amour de croisière

Au terme de son enquête, l’auteur du livre à scandales affirme pour sa part l’existence de deux enfants cachés mais, pour l’instant, se refuse à révéler leur identité et ignore les demandes d’interview (dont la nôtre). Les rumeurs vont alors bon train. Selon l’hebdomadaire allemand “Bild”, l’un des deux enfants serait ainsi né pendant le mariage de Juan Carlos et Sofia et donc adultérin. Le très sérieux journal “El Mundo” revient aussi sur l’affaire et évoque les noms le plus souvent avancés de prétendus enfants naturels du Roi cela dit nés avant le mariage du Roi. On évoque ainsi Paola di Robilant, née en 1959 et fille d’Olghina di Robilant, censée être le premier amour de Juan Carlos.

La Française Marie José de la Ruelle, née en 1954, affirme haut et fort depuis toujours qu’elle est la fille cachée de Juan Carlos et de la princesse Marie-Gabrielle de Savoie. Elle serait née de leurs amours adolescentes coupables et non contrôlées. À l’époque, Juanito (comme on le surnommait) était âgé de 16 ans et demi, et Marie-Gabrielle en avait 14 et demi. Ils auraient connu une brève idylle au cours de la célèbre “croisière des Rois” à bord du paquebot Agamemnon, théâtre au même moment du plus médiatique coup de foudre de la sœur aînée de Marie-Gabrielle, Maria-Pia, avec le prince Alexandre de Yougoslavie. Les journaux de l’époque consacrent leurs colonnes à cet événement, mais signalent aussi que Juanito et Marie-Gabrielle ne se quittent plus…

Test ADN refusé

« Le résultat, c’est moi ! », affirme Marie-José de la Ruelle, née de parents inconnus à l’hôpital militaire de Blida en Algérie et déclarée sous le nom de Brigitte Odile Gervais. Elle a été adoptée à 6 mois par un couple d’artisans italo-espagnols qui lui donne ce prénom de Marie-José (comme la mère de Marie-Gabrielle, Marie-José de Belgique (sœur du roi Léopold III). Ce n’est pas une coïncidence pour la jeune femme abandonnée qui se donne ce nom terrible “de la Ruelle”, harcèle depuis des années ses deux parents supposés et les inonde de courriers, fax et autres mails. Elle affirme détenir les preuves étayant ses affirmations : le prix de l’acte de légitimation adoptive passé chez un notaire d’Alger en 1955 (17.202 francs, une somme considérable à l’époque pour de simples artisans). Mais aussi des photos. Deux d’entre elles montreraient une ressemblance étonnante entre elle et son prestigieux père supposé à l’âge de trois ans, une autre verrait Marie-Gabrielle de Savoie poser en compagnie de ses parents adoptifs… Troublant en effet si tout cela s’avérait exact. Cela n’a pas été l’avis du tribunal de grande instance de Bordeaux qui, en 2001, a refusé la requête de recherche en maternité et de test ADN déposée par de la Ruelle, elle-même mère de cinq enfants, et l’a condamnée à payer les frais du procès !