Exclusif: à près de trois semaines  des festivités, Christiane Stahl, bras droit du Prince, nous confie tous les détails d’un événement attendu depuis 55 ans sur le Rocher!

Crédit : Lucy/Palais princier

Deux mois à peine après le mariage du siècle, l’union du prince William et de Catherine Middleton à Londres, va se tenir le challenger au titre séculaire: le mariage du prince Albert II de Monaco, 53 ans, avec mademoiselle Charlene Wittstock, 33 ans. Les 1er et 2 juillet prochains, le Souverain du deuxième État le plus petit du monde (après le Vatican), mais pas le moins puissant, épousera la sylphide nageuse sud-africaine qu’il a rencontrée en 2000 lors d’une compétition de natation à Monaco, et qu’il fréquente officiellement depuis 2006. Ils avaient annoncé leurs fiançailles le 23 juin 2010. Le mariage donnera lieu à trois jours de réjouissances, commençant par un concert du groupe The Eagles, le soir du jeudi 30 juin, et s’achevant par un feu d’artifice et un grand bal le samedi soir. La cérémonie civile se déroulera le vendredi après-midi, le mariage religieux, le samedi, devant un parterre de chefs d’État et de têtes couronnées et, par le biais de la télévision, des centaines de millions de téléspectateurs de par le monde. Mille cinq cents journalistes ont d’ores et déjà fait une demande d’accréditation. Nous nous sommes rendus sur place pour lever un coin du voile sur le programme…
La volonté d’Albert II: Une principauté ouverte
Un bruit assourdissant! Ça visse, fore, tape, dans tous les coins de la Principauté! À notre arrivée dans ce micro-état de deux kilomètres carrés baigné par le généreux soleil de la Côte d’Azur, nous découvrons Monaco en pleine effervescence. Outre la circulation fort pressante sur ce bout de territoire le plus dense du monde, nous surprenons Monaco en plein préparatifs… non pas du mariage princier, mais bien du Grand Prix de Formule 1 qui se déroule ce week-end du 27 au 29 mai! Au cœur de la cité État, le mythique circuit est en train d’apparaître, formé de murs de pneus et de barrières de sécurité, alors qu’aux endroits stratégiques, comme la place du Casino de Monte-Carlo ou le port Hercule, des gradins arachnéens s’élèvent vertigineusement. Nous gagnons la vieille ville, sur le rocher proprement dit pour tomber… sur d’autres coups de marteaux! Des ouvriers démontent un échafaudage le long de la façade du palais princier. Attention peinture fraîche, annoncent des affichettes sur murs et grillages. Dans la cour de service du Palais, une équipe de peintres redonne en effet une couche de noir sur les ferronneries. Ça bourdonne en français, ça chantonne en italien, joie de vivre sous le soleil, les Monégasques sont heureux! «Le Palais est en chantier, mais vous n’allez pas me croire, et pourtant c’est vrai, ces travaux étaient prévus depuis trois ans et n’ont rien à voir avec le mariage. Cela dit, ils tombent plutôt bien», nous confie, Christiane Stahl, la conseillère en communication du prince Albert II, le charmant bras droit du Souverain du Rocher, qui nous reçoit entre deux rendez-vous d’un agenda de ministre et trois coups de fil urgents. Elle n’a plus une minute pour elle, plongée en pleine préparation de l’événement le plus attendu ici depuis des décennies: le mariage du Prince Souverain! Les anciens s’en souviennent encore: on n’avait plus connu pareille effervescence depuis le mariage du prince Rainier III, le 18 avril 1956, avec la star américaine Grace Kelly, devant autant de chefs d’État et le tout Hollywood en prime. Mais juste après les noces britanniques de William et Kate, le Palais monégasque se garde bien de toute comparaison, même s’il reconnaît que, sur le plan médiatique, l’événement a été riche en enseignements. «Le Prince et Mlle Wittstock souhaitent que leur mariage soit avant tout un moment de partage simple et chaleureux avec la population monégasque ainsi qu’avec tous les invités. Tant la cérémonie civile que religieuse ont lieu au Palais, la première dans la salle du Trône, l’autre dans la cour d’honneur, des lieux plutôt confidentiels. C’était le choix du couple princier. Mais le Souverain, qui a mis sa patte dans le programme, a aussi voulu faire de Monaco une principauté ouverte sur la population et le monde.»
Le baiser au balcon
Ainsi, après le concert de deux heures gratuit des Eagles, donné le jeudi 30 juin au stade Louis II, le vendredi 1er juillet dès 16 heures, des milliers de Monégasques, natifs et résidents, sont invités en haut du rocher, sur la place du Palais, pour assister en direct au mariage civil à 17 heures, célébré dans la salle du Trône, devant les familles des mariés et quelques personnalités (pas plus de 80 personnes) et diffusé sur des écrans géants. À 18 heures, le prince Albert et son épouse, Charlene, devenue officiellement à ce moment princesse de Monaco, salueront la population depuis le balcon du Palais. Les spectateurs de la place devraient donc assister plus que probablement au baiser qui s’ensuivra (peut-être un double kiss, comme à Londres? Les paris sont ouverts…) Ensuite, le couple princier rejoindra la foule sur la place pour une grande réception. Le champagne, du Perrier-Jouët (partenaire officiel des noces) coulera à flots et les petits-fours proviendront des cuisines du Fairmont Monte-Carlo. Le soir, tout le monde se rendra au port Hercule, en contrebas, pour assister, dès 22h30, au concert gratuit de Jean-Michel Jarre.
La cérémonie religieuse devant Dieu et les chefs d’état
Le samedi 2 juillet, à 17 heures également, aura lieu la cérémonie religieuse. La cathédrale de Monaco, où Rainier et Grace se sont mariés et où ils sont aujourd’hui unis dans la mort, a été écartée. «Elle était trop petite pour accueillir les 800 invités directs du couple à la cérémonie: des rois, reines, chefs d’État et les hautes personnalités monégasques», reprend Christiane Stahl. «La cour d’honneur a été privilégiée pour le confort des invités, mais sera recouverte d’un toit pour les protéger du soleil ou d’éventuelles intempéries. Le toit abritera aussi la partie technique (spots, caméras) et sera joliment décoré. Ce sera magnifique! Cela dit, les grandes portes du palais seront ouvertes et donneront sur la place du Palais transformée en cathédrale à ciel ouvert, où près de 3.700 Monégasques pourront suivre la cérémonie sur des écrans géants.» Et ils auront leur part du spectacle: un ballet de 200 limousines BMW déposera au Palais les invités prestigieux, en jaquette ou uniforme pour ces Messieurs, en robe longue pour ces Dames. À 17 heures, Charlene s’élancera du bâtiment des carabiniers pour traverser la place de part en part jusqu’au Palais, lentement, majestueusement, au bras de son père, sur des centaines de mètres de tapis rouge. Passant sous la grande porte, elle rejoindra la cour d’honneur ornée de ses fresques datant du XVIe siècle. Au bout, devant l’autel, l’attendra le prince Albert II, en grand uniforme des Carabiniers, version tenue blanche d’été aux manches parées de feuilles de chêne en fil d’or.
Albert et Charlene échangeront leurs consentements entre les mains de Mgr Bernard Barsi, l’archevêque de Monaco, aidé de 23 concélébrants. Les chants seront assurés par les petits chanteurs de Monaco et la musique par l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo. À l’issue de la cérémonie religieuse, le couple quittera la place du palais, non pas à bord d’une calèche, mais tout de même d’un véhicule propre, une Lexus LS 600 H hybride, conçue et décorée tout spécialement pour l’occasion. Écolo, Albert II l’est et a bien l’intention de le rester jusqu’au bout! À l’instar du State Landau de Kate et William, le véhicule princier monégasque sera directement exposé à l’admiration des foules – on attend 200.000 visiteurs en plus ce jour-là en principauté–, et, sous les vivats qu’on imagine, le couple princier accomplira un tour de la ville pour se rendre à l’église Sainte-Dévote où la princesse Charlene déposera son bouquet de mariée, comme le veut la tradition. Si elle marche dans les pas de la princesse Grace, vénérée à Monaco, Charlene Wittstock recueille déjà l’enthousiasme unanime des Monégasques. Ils en sont fiers, de leur future princesse! «Vous étiez au mariage du prince William à Londres?», nous lance un natif, habitant du Rocher même, à cent mètres à peine du Palais princier… «Vous avez bien dû vous amuser là-bas… mais entre nous, on préfère la nôtre. Kate était pas mal, mais la nôtre, elle est plus belle, non? On en est fier ici, mais dites pas que je l’ai dit, hein…», nous dit-il avé l’accent!
Dîner sous les étoiles, gerbes pyrotechniques et bal à l’opéra
Le soir, à 21 heures, le couple princier rejoindra ses invités pour un dîner de gala, plats fins et vins précieux, servi sur les terrasses de l’opéra de Monaco. Pour des raisons de logistique, le Palais a finalement privilégié ce dernier au célèbre Musée océanographique. C’est de ces terrasses qu’Albert, Charlene et leurs invités privilégiés assisteront au feu d’artifice tiré à 23h30 au-dessus du port Hercule. Ensuite, le Prince ouvrira le bal avec son épouse dans la salle Garnier. Et il y aura fort à parier que la nuit sera longue et belle…