Le chef d’État luxembourgeois modifie le principe de succession directe par ordre de primogéniture mâle et offre enfin l’hérédité de la Couronne grand-ducale aux femmes. En Belgique, le roi Baudouin avait décidé de cette réforme en 1991, qui avait placé la princesse Astrid en ordre utile.

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“Sur ordre de Son Altesse Royale le Grand-Duc le Maréchalat de la Cour annonce que la réglementation interne de la Maison de Luxembourg-Nassau a été modifiée à l’effet d’introduire l’égalité entre hommes et femmes en matière de succession au trône”. Le communiqué officiel est historique et passionne déjà la population au Grand-Duché. Le fait est en effet unique dans l’histoire de notre voisin. Il est le fruit d’un long processus. Déjà en 1979, le Grand-Duché avait approuvé la Convention de New York sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes, mais avait à l’époque maintenu une réserve sur l’ordre de succession au trône grand-ducal. En 2004, il l’avait évoquée dans un discours devant les députés. En 2009, le grand-duc Henri a lancé la procédure de réforme du “Pacte de famille” avec l’introduction de la notion d’”égalité” entre hommes et femmes dans l’ordre de succession au trône. Et voilà le résultat ! A noter que cela ne change absolument rien dans l’immédiat. Le prince Guillaume, aîné des cinq enfants d’Henri et Maria Teresa de Luxembourg, est l’héritier présomptif du trône, et après lui, son frère Félix. Mais la princesse Alexandra se retrouve désormais en 4e position, derrière le 3e enfant du couple grand-ducal, Louis, et devant son frère cadet, le prince Sébastien.

Mais gageons que cette modification de la Constitution luxembourgeoise ne devrait éventuellement entrer en application que pour les futurs enfants du grand-duc héritier Guillaume… qui, pour l’heure, est toujours officiellement célibataire.