Inédit en Espagne, le Roi, empêtré dans l’affaire des millions d’euros détournés par son gendre, a révélé comment est dépensé en détail le budget alloué par les Espagnols à leur famille royale.

Le roi Juan Carlos, entouré par son fils, le prince Felipe, et la reine Sofia. RE

Une annonce sans précédent en Espagne: le Roi a révélé sur le site internet de la monarchie hispanique le détail du budget annuel qui lui est alloué par l’État. En 2011, il a reçu 8,43 millions d’euros. 9,65% de cette somme va à la famille royale. Le Roi se verse un “salaire brut” de 292.752 euros annuels divisés en un traitement de 140.519 euros auquel s’ajoutent quelque 152.233 euros de frais de représentation (vêtements, cadeaux, etc). Sur ce salaire, Juan Carlos paie 40% d’impôts, contrairement à notre roi Albert II qui reçoit une liste civile d’un peu plus de dix millions d’euros annuels (son salaire proprement dit est estimé à 1,2% de cette somme), mais le tout est exempté d’impôts.

Le Souverain espagnol de 73 ans ne doit pas cotiser à la sécurité sociale. Par ailleurs, il verse à son fils, le prince Felipe des Asturies un salaire de 146.375,50 euros, avec une répartition comparable entre salaire et frais de représentation. La reine, l’épouse de Felipe, Letizia, et les infantes Elena et Cristina reçoivent uniquement des ” frais de représentation”, d’un montant global maximal fixé cette année à 375.000 euros. Tous sont également assujettis aux impôts. L’ensemble des salaires de la famille royale ont subi une baisse de 15 % en 2010, puis ont été gelés cette année dans le cadre des mesures d’austérité appliquées en Espagne, comme un peu partout en Europe.

Le roi d’Espagne a divulgué ce budget jusqu’alors classifié secret d’État pour écarter tout soupçon de corruption ou de magouilles. Pour rappel, son gendre, Inaki Urdangarin, un  ancien champion de handball de 43 ans marié à l’infante Cristina, est cité dans une enquête pour corruption impliquant l’institut Noos, une société de mécénat qu’il a présidée entre 2004 et 2006, et qui porte sur 2,3 millions d’euros.  L’homme a, depuis lors, été écarté de toutes les activités officielles de la famille royale. Autre geste fort, mardi, devant le Parlement espagnol, le Roi s’est présenté seulement accompagné de son épouse, la reine Sofia et du prince des Asturies, le prince héritier Felipe, et de son épouse Letizia. Le signal que la famille royale espagnole venait de se recentrer tout à coup autour de ces quatre membres et de leur descendance. Les infantes sont devenues persona non grata. Du moins officiellement…