Notre entretien avec le fils cadet du Roi: son voyage à Rio, son projet en Libye. Laurent est sorti du mutisme qu’il observe depuis plusieurs mois envers la presse pour nous expliquer ce à quoi il oeuvrait vraiment, “loin de tout ce qu’on a pu écrire sur moi!”

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Comme on le sait, le prince Laurent s’est rendu au Brésil, indépendamment de la délégation officielle belge, pour assister à la Conférence des Nations unies sur le développement durable (CNUDD), mieux connue sous le nom de Sommet de la Terre Rio+20 et qui s’est tenue du 20 au 22 juin derniers dans la mégapole brésilienne de Rio de Janeiro. Il ne s’était encore jamais exprimé à ce sujet. Il ne s’est pas attardé sur le fait d’avoir dû partir en dehors de la délégation officielle ni d’avoir dû payer son billet tout seul. Il n’a pas souhaité entrer dans la polémique, mais a tenu à nous dire pourquoi il était important pour lui de se rendre là-bas, et à nous détailler les fruits de son travail après vingt ans d’investissement dans le développement durable. Il est aussi revenu sur le projet qu’il a mené en Libye.

“Vous savez, explique le prince Laurent, selon les organisations internationales, l’agriculture est la préoccupation mondiale nº1 et, juste derrière, vient s’insérer la problématique de l’énergie renouvelable. Les organisateurs du Sommet de la Terre m’ont invité à présenter mon travail en la matière. Ils m’ont dit qu’ils manquaient désespérément de projets innovants concrets concernant le secteur de l’énergie. Je me suis beaucoup investi dans ce secteur et, avec beaucoup d’humilité, j’ai été touché de constater que des gens, à l’étranger, s’intéressent à ce que je fais vraiment en la matière et me demandent de collaborer avec eux.”

Le Prince a fait état de ses projets concrets dans le secteur du développement durable avec pour objectif ultime la réduction de notre empreinte écologique. Dans le secteur agro-sylvo-pastoral, il explique ainsi avoir, à la demande des autorités libyennes, initié des projets de lutte contre la désertification, l’érosion des sols et l’ensablement des routes dans trois localités différentes.
“Les Libyens sont venus me chercher”
“J’avais lancé des projets similaires ailleurs. Mes équipes se sont rendues en Mauritanie et au Cap vert notamment. Ayant entendu parler de cette action, les autorités libyennes, le président Kadhafi en tête, m’ont demandé de mener un projet similaire de lutte contre la désertification en Libye. C’est tout ! Je n’ai jamais fait la moindre démarche pour aller travailler là-bas. Tout au contraire. Ils sont venus me chercher.» Le projet libyen du prince Laurent implique notamment la plantation de forêts dans des zones arides et montagneuses, permettant par ailleurs le développement d’une agriculture durable dans le but de faciliter la sédentarisation de populations nomades. «Les treillis végétaux implantés pour stopper les dunes peuvent en outre être fabriqués sur place à partir des plantes utilisées dans des stations biologiques d’épuration des eaux installées à la sortie des villes et des villages. Jusqu’à présent, ces treillis, ils devaient les acheter à prix d’or dans les états voisins. Ce secteur peut générer de nombreux emplois locaux.» Le projet du Prince en Libye prévoit également de créer des départements d’agro-sylvo-pastoralisme au sein des deux plus importantes universités de Libye. «Mais nous voulons aussi à terme créer un Centre international d’excellence en matière d’agro-sylvo-pastoralisme dont l’objectif est de contribuer à l’échange de know-how et à l’amélioration des technologies locales sur base de nos connaissances initiales.»
Les premiers immeubles à énergie renouvelable d’Afrique
«Ce centre, nous voudrions l’établir à Tripoli à l’endroit historique même où, il y a 80 ans, était créé le premier Institut panafricain d’agriculture et qui a été abandonné par la suite. Notre projet prévoit d’y implanter les premiers immeubles à énergie renouvelable d’Afrique ainsi qu’une centrale biologique d’épuration de l’eau. La création de ce centre pourrait générer énormément d’emplois dans ce secteur et permettrait de former des techniciens, des ingénieurs forestiers et des futurs gestionnaires de parcs publics. Voilà ce qu’est mon projet en Libye, du vrai, du concret et pas du tout ce qu’on a pu écrire sur mon compte ! Aujourd’hui, ce projet, comme tous les autres d’ailleurs là-bas, est à l’arrêt. Nous attendons la mise en place d’un nouveau gouvernement. Mais des scientifiques de haut niveau tant sur place que dans d’autres pays m’ont d’ores et déjà écrit pour me demander de ne pas abandonner. Pour eux, cet institut est d’une absolue nécessité. Je dirais même plus, il faut créer des pôles d’excellence dans tous ces pays qui permettent à ces gens de se former chez eux. Nous devons aussi aller là-bas les faire profiter de nos connaissances, de notre savoir-faire. Vous savez que nous avons en Belgique des écoles d’agriculture parmi les plus anciennes au monde avec celles de France et d’Allemagne !»

Retrouvez l’entretien complet du prince Laurent dans le numéro  du “Soir magazine” en vente dès ce mercredi 18 juillet dans tous les kiosques.