La fille naturelle d’Albert II l’affirme: elle a été écartée de tout héritage par son père légal, Jacques Boël.

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«Boël, mon père adoptif, a pris des dispositions en vertu desquelles je n’hérite rien. Je ne suis ni ne serai l’héritière de la famille Boël.» Cette phrase de Delphine Boël comme un couperet. Un coup du sort de plus pour la jeune femme, qui le prend avec philosophie. Fille naturelle de Roi, fille officielle de milliardaire, Delphine Boël aurait pu couler des jours heureux, une existence favorisée par des origines ou un milieu aisé, dans lequel les enfants naturels sont légions et plutôt bien acceptés. Las, elle a dû bien vite apprendre qu’elle ne pourrait compter que sur elle-même, son talent et sa pugnacité pour réussir sa vie et sa carrière. Et chaque nouvelle entrave ne fait que confirmer cet état de fait. L’implacable leçon de vie d’une femme courageuse. Depuis la révélation de son existence en 1999, à travers une ligne perdue dans un ouvrage du journaliste Mario Danneels consacré à la reine Paola, Delphine a entamé un véritable chemin de croix, parsemé d’embûches cruelles. Enfant de l’amour et artiste talentueuse, elle doit pourtant subir l’ire d’une population troublée, l’indifférence des pères, le mépris des reines et les jalousies de son milieu. Très vite, elle a dû apprendre à se battre, à se blinder et à faire face. Heureusement, elle peut compter sur l’amour de son compagnon, de ses enfants et de sa mère, Sybille de Selys Longchamps et se ressourcer auprès d’eux. Mais sous ce blindage apparent bat un petit cœur encore très sensible…
Pauvre petite fille de riches
En novembre dernier, “Le Soir magazine” consacrait plusieurs pages ainsi que sa couverture à Delphine Boël à l’occasion de sa dernière exposition Talking to the deaf, présentée dans une galerie d’Anvers. L’artiste et fille naturelle du roi Albert II se racontait alors sans tabous et sans blabla, ce verbiage insupportable et hypocrite qui l’a si souvent visée et dont elle a fait l’un des symboles les plus visibles et amusants de son art. «Ma souffrance m’a faite, elle est devenue une force!», nous confiait-elle alors. Dans notre article, nous avons abordé toutes les facettes de la personnalité Delphine. D’abord son travail et sa démarche artistiques que des professionnels du marché de l’art ont pour la plupart encensés, d’autres se montrant plus critiques. Mais quel artiste peut-il se targuer de faire l’unanimité? Dans l’ensemble, nous présentions, en toute franchise, une vision plutôt favorable de son œuvre. Nous avons aussi évoqué les racines officielles de Delphine, la très discrète famille Boël. Une riche famille d’industriels, à la fortune estimée à quelque 760 millions d’euros par notre confrère Ludwig Verduyn, qui place les Boël à la 14e place des 200 familles les plus riches du pays. Nous en déduisions logiquement qu’un jour, Delphine hériterait d’une fortune considérable puisqu’en Belgique, on ne peut légalement déshériter ses enfants. Une déduction qui a bouleversé Delphine Boël. Dans un droit de réponse qu’elle nous a adressé et que nous publions ci-contre, elle nous affirme le contraire! Si on en croit l’artiste, son père légal, Jacques Boël, aurait pris des dispositions pour l’écarter de sa succession…
Découvrez tout le dossier Delphine dans “Le Soir magazine” de ce vendredi avec en prime un focus sur la famille Boël et les trucs et astuces pour déshériter un enfant.