Hier, des rumeurs folles ont brui toute la journée. Rumeurs qu’une très bonne source au sein du Palais royal aurait confirmées : le sixième roi des Belges devrait abdiquer prochainement et laisser le trône à l’héritier présomptif, le prince Philippe. L’annonce du Palais serait imminente. Pourtant du côté des politiques, l’info est démentie dans toutes les langues et prendrait des allures d’intox.

Albert II et son successeur, le roi Philippe... très bientôt. Crédit REPORTERS

Autrefois un tabou, l’idée de l’abdication n’est plus exclue par le Palais royal ces derniers temps. À mots couverts ou flous, l’on nous a laissé entendre depuis plusieurs mois que le Roi pourrait prendre cette décision, mais que tout était une question de timing. Le prince Philippe multiple quant à lui les messages selon lesquels il est fin prêt, mais précise que le Roi est le seul à pouvoir prendre cette décision, Philippe de vanter d’ailleurs les qualités et le travail accompli par le Souverain au cours de ses 19 années de règne.

Les raisons de l’abdication ? Albert II, qui fêtera ses 79 ans le 6 juin prochain est le plus âgé de nos Souverains en exercice. Des problèmes de santé l’auraient, explique-t-on, incité à prendre cette décision. “Ridicule, explique-t-on au Palais, le Roi est en très bonne forme.” Les hauts responsables politiques du pays ne semblaient, en tout cas pas officiellement, être au courant lorsque nous les avons contactés, démentant les infos du “Laatste Nieuws” selon lesquelles le Palais aurait secrètement réuni les présidents de parti hier. Certains hauts responsables de l’appareil législatif trouvaient même l’idée d’une prochaine abdication fort risquée. “On ne va pas nous mettre ce risque d’instabilité en plus alors que nous allons droit vers des élections capitales !”, nous soufflait-on dans les couloirs de la Chambre. Les partisans d’une abdication estiment quant à eux que le moment est justement bien choisi, en pleine paix communautaire sans doute très provisoire. Après les élections de juin 2014, c’est risquer que le Souverain qui aura alors 80 ans, soit confronté à une nouvelle crise politique de plus de 500 jours, surtout si la N-VA confirme les résultats que lui prêtent tous les sondages et flite avec 40% des votes flamands… Que dire aussi d’installer Philippe à ce moment-là d’instabilité ? Par contre, s’il devait être en place par exemple dès cet été, il aurait au moins un an pour tenter de séduire et de convaincre les Belges réticents.

Mais cette décision d’abdication reste très personnelle. Le Roi seul peut prendre cette décision et personne sans doute ne peut le contraindre formellement de rester en poste. Il est sans doute aussi beaucoup inspiré par l’abdication de son beau-frère, le grand-duc Jean de Luxembourg en 2000, à l’âge de 80 ans, et celle toute prochaine de la reine Beatrix,  75 ans, le 30 avril prochain, aux Pays-Bas, sans oublier celle plus étonnante encore du pape Benoît XVI. Peut-être le sondage que nous avons publié récemment, plutôt favorable envers l’abdication du roi des Belges, peut-il aussi conforter Albert II dans sa prochaine décision.

Plus d’infos à n’en pas douter dans de prochains posts…