Dans le cadre de sa mission de représentante spéciale dans la lutte contre la malaria, la princesse Astrid a répondu à nos questions. Nous avons évidemment abordé la question de l’état de santé du Souverain et sa possible abdication. Morceaux choisis.

Crédit RBM

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Voici quelques extraits de l’interview que nous a consacré la princesse Astrid et à paraître la semaine prochaine dans “Le Soir magazine”. Une personnalité timide, émue et émouvante qui met tout son coeur dans ses combats et observe une absolue discrétion sur certains sujets sensibles, fille de Roi oblige. Et pourtant on a essayé ;-) A vous de juger…

Madame, alors que la malaria n’est plus tellement une maladie médiatique, pourquoi cette visite au Japon et au Cambodge ?

La princesse Astrid: “Je me suis rendue au Japon pour plaider le maintien de la problématique de la malaria à l’agenda des priorités de ce pays donateur, comme des autres pays donateurs dans le monde entier. Malgré les succès obtenus – un quart de décès en moins dans le monde depuis le début de l’action de Roll Back Malaria -, ce fléau reste encore actif dans le monde, avec 90% de cas qui touchent l’Afrique et près de 10% l’Asie. Il faut donc plus que jamais reconscientiser au plus haut-niveau sur l’intérêt de cette lutte. Je suis aussi venue au Cambodge non seulement pour féliciter les autorités des succès déjà obtenus dans cette lutte contre la maladie. Leur plan de lutte national est un exemple à montrer au monde entier ! Mais je suis aussi venue ici pour attirer l’attention sur une nouvelle problématique : dans la région du Mékong, le parasite devient résistant aux meilleurs traitements, il faut donc plus que jamais maintenir les efforts pour éradiquer la maladie, mais aussi encourager comme ils le font ici un dépistage systématique dans les villages au cœur même des régions endémiques, ce qui permet un meilleur diagnostic et donc l’application d’un traitement approprié. Car l’application de traitements préventifs parfois à mauvais escient a permis malheureusement au parasite de trouver la parade aux médicaments.”

Pourquoi avoir accepté de soutenir la lutte contre la malaria ? Qu’est-ce qui vous motive ?

“La malaria comme la tuberculose et le sida touchent particulièrement les personnes les plus vulnérables de la société, les enfants, les femmes enceintes et les pauvres en général. Il y a une pauvreté extrême dans le monde. En 2000, le secrétaire général de l’ONU (Organisation des Nations Unies) de l’époque, Kofi Annan, s’est dit que cela ne pouvait plus durer et a initié des actions précises en ce sens. Moi, vous le savez peut-être, j’ai beaucoup de mal à voir la pauvreté qui règne dans notre pays et dans le monde. Nous avons tout intérêt, tous, à ce que le monde aille mieux ! C’est ma principale motivation », dit-elle les larmes aux yeux. « Chaque fois que j’en parle, cela me touche, excusez-moi. »

Comment concevez-vous votre rôle de Princesse ? C’est cela : attirer l’attention sur des causes et, comme votre frère, par votre titre de princesse ou votre notoriété, ouvrir des portes, plus particulièrement sur les problématiques de santé ?

“Vous savez, je me sens non seulement une citoyenne belge mais aussi une citoyenne mondiale. Et face à des thématiques comme la pauvreté et des maladies, la Belgique est peut-être un petit pays, mais elle s’implique ! Elle est présente à tous les niveaux. On peut tous aider, chacun à notre place, à notre niveau. Moi, je ne suis qu’un instrument. Mais je pense que je peux exercer un plaidoyer que ce soit auprès des autorités ou directement sur le terrain en visitant des projets. Je peux peut-être aussi apporter des contacts et une certaine médiatisation. Mais vous savez, on m’a proposé de faire ce travail et c’est à vous de juger de l’efficacité de mon implication, je n’oserais pas en parler moi-même. Si on me dit que je ne suis plus utile, je me retirerai. Je ne veux surtout pas m’imposer…”

Vous avez été attristée par la récente polémique des dotations royales. Cela vous a profondément touchée ? L’impression d’avoir été mal comprise ? (cf. l’indiscrétion de VTM selon laquelle la princesse Astrid se rendait à l’avis du Parlement pour toutes questions sur son travail et sa dotation, info vite déformée dans d’autres médias, laissant entendre que la princesse était d’accord qu’on rabote sa dotation. Un raccourci un peu osé. Par la suite lors de la réception du Nouvel An aux corps constitués, Astrid avait été aperçue fondant en larmes, NDLR)

“Je ne veux pas en parler. J’ai ma vie privée. Ce sujet est politique. A vous de tirer vos conclusions. Ce n’est pas à moi d’en parler. Je suis désolée. Je suis fille de Roi, femme et mère, mais pas politique.”

En évoquant les problèmes de santé, évoquons celle du Souverain si vous voulez bien. Il a été vu, cette semaine lors d’une activité publique, s’appuyant sur une canne. Comment va-t-il ? A-t-il, comme on l’entend, des problèmes de santé ?

“Evidemment mon père va fêter l’année prochaine ses 80 ans. Ce n’est plus un tout jeune homme de 20 ans. Mais sinon il va très bien. J’ignorais qu’il a récemment employé une canne, mais comme tout le monde, il peut avoir mal au dos. Je ne suis pas du tout inquiète pour son état de santé.”

Et, après 20 ans de bons et loyaux services, est-ce qu’il n’a pas mérité de se reposer et de se retirer ?

“Ca, je laisse tout ça à d’autres. Ce n’est pas à moi d’en parler.”

Mais vous trouvez tout de même qu’il a bien fait son travail ces dernières  années ?

“De nouveau, pas de commentaires. Vous avez le droit de poser vos questions. J’ai le droit de ne pas y répondre.”

Ca vous embête toute cette polémique en Belgique ?

« Je ne réponds pas ! »

Tout de même, un jour votre frère, le prince Philippe deviendra Roi et ne pourra plus présider les missions économiques. Nous y participons régulièrement et entendons chez les hommes d’affaires et des politiques que votre fils, le prince Amedeo, ferait un excellent président d’honneur. Vous en seriez fière ?

“De nouveau, je ne fais aucun commentaire. Comme jeune homme, Amedeo a sa vie, actuellement à New York. Je respecte cela. Il se prépare à une vie professionnelle et va très très bien. Pour moi, ce qui est important c’est que mes enfants soient bien dans leurs baskets. Et c’est le cas. On essaie de donner à nos enfants une formation qui les aide à affronter la vie. Ainsi pour Maria Laura. Joachim poursuit quant à lui ses études de business et économie à l’université de Milan dont le recteur est l’ancien premier ministre italien Mario Monti. Luisa quant à elle est en Angleterre et terminera l’année prochaine son bac international. Quant à Letitia, elle a fêté son anniversaire cette semaine… C’est tout.”

Notre reportage complet dans « Le Soir magazine » de la semaine prochaine…