Ami du roi Albert et de la reine Paola depuis près de 40 ans, le comte Bernard de Traux de Wardin a tenu à prendre la défense du couple royal senior malmené par l’affaire Delphine Boël et les confessions télévisées de sa mère, la baronne Sybille de Selys Longchamps

Le comte de Traux et la reine Paola. (Photonews)

Le comte de Traux et la reine Paola. (Photonews)

«Je ne veux pas revenir sur les propos d’une femme visiblement aigrie et dont l’état psychologique peut poser question. Je veux témoigner de la qualité des personnes que sont nos ex-Souverains, de ce qu’ils ont fait l’un pour l’autre et pour le pays. Je veux rétablir une vérité blessée!» Bernard de Traux de Wardin ne trouve pas d’excuse dans la démarche médiatique de Sybille de Selys Longchamps entreprise à l’encontre du roi Albert et de la reine Paola. Un couple royal que connaît très bien ce conseiller communal de Jodoigne. Président de la Fondation reine Paola depuis sa création il y a plus de 20 ans et baron de son état, il a été élevé, pour services rendus, au rang de comte lors des toutes dernières faveurs nobiliaires octroyées par le roi Albert II en juillet dernier. Bernard de Traux de Wardin nous a reçus au château de Jodoigne-Souveraine, propriété de la famille depuis 1840, pour nous livrer son témoignage. Celui d’un ami du couple royal. Albert et Paola avec qui il a partagé un nombre certain de dîners, de voyages, de vacances et surtout de conversations intimes en près de 40 ans d’amitié. C’est un témoin privilégié de la vie privée des Souverains. Celle dont on ne parle en principe jamais et qui a été jetée en pâture dans cette pénible affaire Boël. Une vie privée qu’il ne veut qu’à peine effleurer et uniquement pour la bonne cause: les défendre publiquement. «Aux côtés d’un homme dont on reconnaît, à raison, qu’il est un grand Roi, vit aussi une personnalité d’exception, la reine Paola», insiste Bernard de Traux. «Je veux leur rendre hommage. C’est vrai, la vie a amené ce couple, comme des tas d’autres couples, à rencontrer des difficultés. Mais ce sont deux personnalités très vraies qui se sont retrouvées et qui mènent depuis plusieurs décennies une vie remarquable. Quand il y a eu tant d’acquis positifs, pourquoi sans cesse retourner en arrière sur ce qui n’a pas marché?»
1.Le couple
Pour Bernard de Traux, le couple avait déjà entamé sa grande réconciliation aux alentours des 40 ans de la Reine, en 1977, soit bien plus tôt que la date de 1984 généralement avancée. «Après des blessures très grandes, dont Sybille de Selys se fait volontiers la porte-parole, ce couple a entamé un processus de reconstruction, de réconciliation, qui s’est fait progressivement et au prix d’énormément d’amour et de vérité. Albert et Paola sont retournés à la source de leur amour.» «C’est vrai, reconnaît-il, des gens les ont aidés, comme le roi Baudouin, la princesse Astrid ou le père Philippe Verhaegen, formidable bénédictin (du mouvement du Renouveau charismatique, ndlr) qui les a encouragés dans la méditation et la réflexion. Mais ils se sont avant tout reconstruits à deux. Ils y sont arrivés car ces deux êtres sont naturellement faits l’un pour l’autre.» Bernard de Traux de reprendre: «Et depuis près de 40 ans, je ne peux témoigner d’aucune faille, d’aucune rupture, mais plutôt d’un couple uni, qui se soutient et s’épaule mutuellement. Cet amour, cette complicité retrouvée a culminé au moment de la mort du roi Baudouin et n’a plus diminué depuis. Vous savez, Paola a énormément d’admiration pour son époux et pour son travail de Roi. Il est tailored to the job (taillé pour ce rôle), né pour cette fonction. Elle l’a dit régulièrement: «Mon mari est fait pour ça!» Le Roi est extraverti. Contrairement à la Reine, qui est une personne timide et réservée. Ce qui a d’ailleurs pu constituer une partie du problème de naguère. Paola a eu du mal à endosser le costume de cette représentation permanente. Au point de développer parfois cette apparence nordique de froideur ou d’ennui en certaines circonstances. Mais en réalité, elle fait preuve d’une grande capacité de discernement du vrai et du faux et… c’est le baratin qui l’ennuie! La Reine aime le parler vrai, le parler cash. Et quand elle n’apprécie pas, elle le montre!» Outre son admiration, la Reine entoure son époux d’amour et de paix. «Je vous l’assure, sans la Reine, Albert ne serait pas ce Roi que nous connaissons et apprécions. Il est quelqu’un de très sensible qu’elle a aidé dans son difficile métier de roi, en l’entourant de paix et d’harmonie, d’amour et de douceur. Même dans les pires crises qu’il a connues au cours de vingt ans de règne, il trouvait toujours au Belvédère un environnement, une ambiance de sérénité. Le couple a reçu énormément de visiteurs en privé chez lui. Car Paola a toujours tenu à faire rencontrer au Roi des personnalités qu’elle a trouvées intéressantes, lui permettant ainsi d’élargir ses vues et de le distraire aussi, le moment opportun, de ses préoccupations du moment. Paola fut aussi toujours omniprésente à ses côtés lorsqu’il a connu ses ennuis de santé, comme son quadruple pontage coronarien, l’entourant de beaucoup d’affection. Ce couple fait preuve d’humour aussi, par exemple lorsqu’elle insiste pour qu’il prenne ses médicaments et qu’il rechigne. Ils multiplient les gestes tendres l’un envers l’autre, pas pour les objectifs, mais surtout en privé. Ce n’est pas du chiqué!»

Découvrez la suite de cette interview vérité ainsi que d’autres témoignages de soutien au couple royal dans l’édition papier du “Soir magazine” de cette semaine.