Premier grand voyage officiel en solo pour la Reine. Mathilde est à New York pour participer à un sommet placé sous l’égide des Nations Unies. Son combat: soutenir les droits des enfants et des femmes dans le monde de l’entreprise à l’échelle planétaire. 

Un premier discours pour la reine effectué mercredi à la Unicef House de New York. (© PHOTONEWS)

Un premier discours pour la Reine effectué mercredi à la Unicef House de New York. (© PHOTONEWS)

Depuis l’intronisation du roi Philippe le 21 juillet dernier, la reine Mathilde s’était déjà rendue officiellement à l’étranger – un saut de puce en France vendredi dernier afin de visiter le musée du Louvre-Lens et l’expo consacrée au peintre flamand Pierre-Paul Rubens – mais ce voyage à New York est son premier grand déplacement officiel, une visite de travail de moins de trois jours, héritage d’un engagement pris à l’époque où elle était encore princesse et qu’elle a eu à coeur de maintenir. La Reine participe en effet jusqu’à vendredi au sommet des dirigeants signataires du Pacte mondial des Nations Unies (ce réseau d’entreprises créé en 2000 lors du Forum économique de Davos – événement dont Philippe et Mathilde sont des hôtes récurrents depuis plusieurs éditions – rassemble tant des chefs d’entreprises que des dirigeants de la société civile, des gouvernements et de l’ONU). Le sommet du Pacte mondial a lieu tous les trois ans. Le thème de cette année: “Architectes d’un monde meilleur”.

Bon OK, dit comme ça, l’info brute fait un peu peur, surtout énoncée en anglais (où est le temps où le français, deuxième langue véhiculaire des Nations Unies, était encore pratiqué !), mais la problématique en est pourtant essentielle: le droit des enfants et des femmes dans les entreprises et les pratiques commerciales en usage aux quatre coins du globe.

En marge de ce sommet, Mathilde aura aussi des rencontres dites bilatérales, soit en face-à-face, avec toute une série de personnalités dont évidemment le secrétaire-général de l’ONU Ban Ki-Moon et des activités organisées par l’Unicef (pour rappel, la Reine est présidente d’honneur de l’antenne belge d’Unicef) non loin du quartier général de l’ONU à Manhattan.  Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders est aussi présent à Big Apple pour escorter la Reine et, le cas échéant, couvrir ses propos, à la veille de la 68e Assemblée générale des Nations Unies à laquelle il participera ensuite en compagnie du Premier ministre belge Elio Di Rupo et d’une flottille d’autres personnalités politiques.

Ce jeudi soir, Mathilde honore, “de sa royale présence” comme on dit, le dîner des dirigeants du Pacte mondial où elle prendra également la parole. Pour rappel, ces derniers s’engagent à appliquer le principe du développement durable bien sûr en matière environnementale mais aussi et surtout dans leurs pratiques commerciales. Ce, dans le respect des dix principes universels en matière de droits de l’homme, de travail, d’environnement donc et d’anticorruption fixés par le Pacte mondial. Une initiative qui remporte d’ailleurs de plus en plus de succès. En 13 ans d’existence, elle a séduit plus de 10.000 membres dans 140 pays, dont la Belgique, pays leader dans ce combat, comme on va le lire par la suite.

Mais avant ce dîner officiel, la Reine avait une entrée en matière mercredi soir… Et ce premier “event” du séjour n’était pas un cadeau… surtout après une bonne dizaine d’heures de voyage ! A peine arrivée à New York, Mathilde s’est rendue à la Unicef House, située à deux  casques bleus à peine du QG de l’ONU, le long de l’East River. Là, dans une salle ressemblant à un bunker austère et endormi empli d’un aéropage qui ne l’était pas moins, devant un décor rappelant le “Carré blanc sur fond blanc” de Malevitch, le talent en moins, elle a assisté à une avalanche de discours et un débat coorganisé par le Global Compact Belgique et Unicef Belgique en présence de dirigeants d’entreprises belges et étrangères, sur le thème “Les droits de l’enfant sont l’affaire de tous”. On ne vous dira pas que c’était palpitant, ce serait mentir (la communication de Global Compact a encore du travail devant elle ;-) . Mais le thème n’en reste pas moins préoccupant.

Ce qu’a voulu souligner la Reine dans son discours. Dans un anglais impeccable marqué d’une indéniable empreinte francophone, Mathilde a rendu vibrant hommage à la Belgique, l’un des pays à l’avant-garde du combat visant à faire adopter  au moins par les entreprises des normes en faveur de la protection des droits de l’enfant. “Je suis enchantée de voir que mon pays, la Belgique, est en première ligne dans la mobilisation de la communauté des affaires aux droits des enfants.” La Reine de remarquer le rôle-clé joué par le Global Compact Network Belgium, la branche belge de ce réseau mondial susnommé rassemblant plus d’une centaine de pays et qui lutte pour faire adopter par les entreprises tant publiques que privées un “code de conduite durable” en matière de droits de l’homme, de normes de travail et d’environnement et de lutte contre la corruption en faveur des enfants. “Les droits des enfants sont l’affaire de tous. Cette préoccupation mondiale requiert une approche universelle et inclusive dans laquelle le monde des affaires doit clairement avoir sa part de responsabilités.” C’est dit !

A suivre…