La semaine des inédits : Toute première mission économique belge en Angola et toute première présidence de mission pour la sœur du Roi. L’aventure c’est l’aventure !

 

L'accueil de la princesse Astrid par le ministre angolais des Affaires étrangères George Rebelo Pinto Chicoti. (Crédit: DIRK WAEM / IMAGEGLOBE)

L’accueil de la princesse Astrid par le ministre angolais des Affaires étrangères George Rebelo Pinto Chicoti. Un seul mot d’ordre pour la princesse: simplicité ! (Crédit: DIRK WAEM / IMAGEGLOBE)

 

Un sourire, un regard un peu timide mais sympathique, très ouvert. Le pas qui ne se veut pas décidé, mais presque désolé de déranger, l’oreille attentive, le propos doux et presque chuchoté, un seul mot caractérise la princesse Astrid : sim-pli-ci-té. Malgré neuf heures de voyage, la princesse n’a pas minuté sa participation au premier briefing de mission, dimanche soir à Luanda, la capitale de l’Angola, et encore moins à la réception qui a suivi, s’entretenant longuement avec les participants de la mission, se montrant disponible et à l’écoute aussi bien des patrons de petites et moyennes entreprises que des représentants des poids lourds de l’économie belge. Elle ne laisse rien transparaître de la pression qui pèse sans doute sur ses épaules. Car c’est la semaine des inédits pour elle, non seulement c’est la toute première fois qu’elle préside, au nom du Roi, une mission économique belge, mais en plus c’est la première fois que les hommes d’affaires belges s’aventurent officiellement et en groupe dans ce pays émergeant, en plein boom économique, qu’est l’Angola, pays du sud-ouest de l’Afrique, limitrophe de la République démocratique du Congo et de la Namibie.

Le lendemain, dès potron minet, le marathon des rencontres officielles commence, avec les ministres de l’Economie et du Commerce, puis le vice-président de la république d’Angola, Manuel Domingos Vicente (l’autre homme fort du pays, que le président José Eduardo dos Santos (en place depuis 1979), a choisi comme dauphin pour lui succéder un jour). Sans oublier l’incontournable moment de chaque visite officielle : le dépôt de gerbe au monument symbolique local, en l’occurrence ici, un immense mausolée – dont la forme nous évoque un missile ou une fusée sur son pas de tir – construit à la gloire du président mythique et libérateur du pays, Agostinho Neto, premier président de la République populaire d’Angola  (de 1975 à 1979) et secrétaire général du Mouvement populaire de libération de l’Angola. L’homme était marxiste-léniniste, c’est donc un mausolée au gigantisme et à la beauté… très soviétiques que son successeur, José Eduardo dos Santos, a bâti à sa gloire. Il a fallu trente ans et un très gros budget pour construire ce monument. Il n’a été achevé que l’année dernière. Le haut de la flèche offre un panorama imprenable sur les bidonvilles voisins…

De par son parcours, Astrid a été bien plus habituée aux missions humanitaires, dont elle a fait sa spécialité – la Princesse est notamment représentante spéciale de « Roll back malaria », cette organisation dépendant des Nations-Unies et active dans la lutte contre le paludisme – qu’aux problématiques politiques, économiques et commerciales, mais elle est bien encadrée, par Didier Reynders, le ministre fédéral des Affaires étrangères, par la ministre bruxelloise de l’Économie et du Commerce extérieur, Céline Fremault, et par le ministre-président flamand Kris Peeters. Jean-Claude Marcourt, le ministre du Commerce extérieur wallon, rejoindra la délégation belge à Johannesburg en Afrique du Sud, la prochaine étape de la Princesse.