Plusieurs sources au sein de la délégation officielle nous le confirment: après cette mission en Afrique et la suivante en Inde en novembre, la soeur du Roi présidera bien la mission économique belge en Arabie saoudite programmée en mars prochain.

© DIRK WAEM / BELGA

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Au sein de la délégation, vraiment, mais vraiment tout le monde est unanime pour l’instant: Astrid fait bien le job ! Tant chez les hommes et femmes d’affaires qui représentent les 159 sociétés présentes dans cette mission économique belge en Angola et Afrique du Sud que du côté de la myriade d’hommes politiques présents (qui orchestrent un chassé-croisé assez cocasse autour de cette mission -*lire ci-dessous), l’on remarque une Princesse certes manquant encore un peu d’assurance, mais “volontaire”, “simple” et “très accessible”, “à l’écoute des gens”. “Naturelle”. “Authentique”. N’en jetez plus, on en finirait par rougir !

Mais c’est vrai que le courant passe plutôt bien dans la mission. Bon, on admettra que la délégation a un peu perdu en majesté, non pas à cause de la Princesse mais de la réalité protocolaire: Astrid est soeur du Roi et non pas souveraine ou héritière du trône. “Protocolairement”, nous faisait remarquer un spécialiste, “on est un cran en-dessous”, ce qui explique que la princesse rencontre plutôt les vice-présidents des pays visités que les plénipotentiaires, elle est aussi moins entourée, moins protégée (deux gardes du corps au lieu des trois ou quatre habituels pour les ducs de Brabant de l’époque (selon qu’ils étaient en solo ou en duo), pas d’escorte même au retour d’une activité à Prétoria, sa voiture officielle (une Jaguar cela dit !) se retrouvant même coincée dans les embouteillages!  On est donc bien plus ici dans la simplicité. Mais ce qu’on a perdu en faste, on ne l’a pas perdu en efficacité. Les hommes d’affaires surtout semblent contents. Quant aux hommes politiques, ils ne se plaindront pas, Astrid n’ayant de cesse de louer leurs talents ! Dans son souci de bien faire, elle n’hésite pas à chausser ses grosses lunettes pour lire sur son petit papier aide-mémoire la cohorte de titres qui ornent les fonctions de chacun d’entre eux au moment de les présenter aux officiels locaux. A tout un chacun, elle s’excuse presque de débuter, mais elle dit aussi qu’elle est très heureuse de remplir le job. Dans un discours, elle s’autorise même un double sens limite graveleux lorsqu’elle évoque sa première mission en Angola et sa… première fois ! De quoi en faire rougir le ministre-président flamand Kris Peeters ! Pas de doute, elle tient de son papa, le roi Albert II, dont elle a hérité aussi ce souci de mettre son interlocuteur, forcément paralysé, à l’aise.

Côté style, Astrid a résolument opté en journée pour le pantalon veston classique du casuel business – ” on n’est pas dans un défilé de mode”, nous souffle-t-on – la Princesse ne voulant pas se mettre en avant pour son look mais pour son travail. Le soir elle s’autorise des tenues plus princières avec un peu de strass à défaut de paillettes. “Elle ne porte pas spécialement des marques. La volonté est de rester très simple. Elle est égale à elle-même en fait”, nous explique un membre de son entourage.

Du business casuel chic pour Astrid, pas de luxe ostentatoire. © DIRK WAEM / BELGA

Du business casuel chic pour Astrid, pas de luxe ostentatoire. © DIRK WAEM / BELGA

Pour vous localiser et temporiser nos faits et gestes, la Princesse et la délégation belge ont donc mis le pied en Afrique du Sud mardi soir laissant derrière eux l’Angola mais forts de cinq contrats signés avec des entreprises locales – un bon résultat déjà pour une première mission qui ne se voulait qu’exploratoire. Première étape sud-africaine : Johannesbourg où la Princesse a assisté ce mercredi matin à un séminaire sur la médecine nucléaire en Afrique promouvant le travail de Rad4Med.be, le réseau belge spécialisé dans le secteur. Après un lunch-conférence promouvant cette fois la Belgique comme porte d’entrée de l’Union Européenne, la délégation officielle a mis le cap sur Pretoria, la capitale politique de l’Afrique du Sud, pour assister cette fois à un séminaire sur le Processus de Kimberley, avant de visiter le Belgium Campus, étonnante école dans un écrin de verdure qui forme 10% des étudiants Sud-africains en informatique (IT) et qui a été fondée par un Belge. En soirée, la Princesse a participé à la réception officielle prévue dans l’hôtel Hyatt regency, palace qui accueille la délégation. 

elle se montre très assidue avec le vice-président angolais manuel Domingos Vicente. © DIRK WAEM / BELGA

Elle se montre très assidue avec le vice-président angolais manuel Domingos Vicente. © DIRK WAEM / BELGA

Donc Astrid convainc. Et à plusieurs sources politiques, diplomatiques et commerciales, même si le Roi va conserver la présidence d’honneur du Commerce extérieur belge, on nous confirme que la Princesse ira bien en Son Nom mener la mission économique en Arabie saoudite programmée en mars de l’année prochaine. Elle sera déjà rodée, puisqu’elle conduira aussi la mission en Inde le mois prochain. Le courant passe, certes, mais il lui faudra maintenant séduire la presse, qui attend ici en Afrique du Sud avec une certaine fébrilité l’occasion de pouvoir l’interviewer. Du côté de l’entourage princier, on n’est pas chaud chaud  (car à l’instar de Philippe, ce n’est pas son exercice favori), privilégiant une conférence de presse commune avec les ministres. On évoque ici une volonté de davantage mettre les entreprises en avant que la présidente de la mission. De quoi faire grincer les dents et les plumes de nos plus bouillants confrères venus exclusivement pour la voir au travail. Aux dernières nouvelles, du compromis à la belge serait dans l’air…

Astrid est authentique et ne peut cacher ses impressions. ici on voit que le courant passe plutôt bien avec Kris Peeters. © DIRK WAEM / BELGA

Astrid est authentique et ne peut cacher ses impressions. ici on voit que le courant passe plutôt bien avec Kris Peeters.  © DIRK WAEM / BELGA

* Pour escorter et “couvrir” la Princesse, Didier Reynders, ministre fédéral des Affaires étrangères (maniant aussi bien l’anglais que l’humour) démontre toute son efficacité. En Angola, le ministre-président Kris Peeters et la ministre Céline Frémault étaient venus chapeauter les délégations commerciales flamande et bruxelloise. Ils sont rentrés à Bruxelles. Leur ont succédé Ingried Lieten, ministre flamande de la recherche, Rudy Demotte, ministre-président wallon, qui a rejoint on ne sait pas trop pourquoi le ministre du Commerce extérieur wallon Jean-Claude Marcourt (des méchantes langues nous disent d’ailleurs que les deux hommes font tout pour s’éviter) et… les attendra tous au Cap le ministre fédéral de la Défense Pieter De Crem, arrivé en Falcon de l’armée, tout ça pour être à bord du navire explorateur de la Fondation Polaire Internationale, qui se prépare à partir pour l’Antarctique, lors de la visite princière. Euh… il reste quelqu’un à Bruxelles ?