Dans les coulisses de la visite officielle du Roi et de la Reine au président de la République française. Récit .

 

Le Roi la Reine et le Président sur le perron de l'Elysée. (Crédit photo Frédéric Sierakowski/ISOPIX)

Le Roi la Reine et le Président sur le perron de l’Elysée. (Crédit photo Frédéric Sierakowski/ISOPIX)

 

Ceux qui espéraient une bonne surprise, un scoop qui sait, en seront pour leurs frais: François Hollande était bel et bien tout seul pour accueillir le Roi des Belges et son épouse à l’occasion de leur visite officielle à leur voisin français. Le Roi, en costume cravate, et la reine, dans une tenue rose griffée Raf Simons pour Dior rappelant magnifiquement mais furieusement celle de Jackie Kennedy certain 22 novembre fatidique, sont arrivés dans la capitale française à bord d’un Thalys. Pour l’anecdote, si les autorités françaises avaient bien entendu été prévenues de leur visite, il en fut tout autrement pour le service du protocole de la gare, qui, voyant un attroupement suspect et s’informant auprès de la nuée de journalistes qui faisaient le pied de grue devant le quai 10 en attendant l’arrivée du train royal, a découvert, pour le moins surpris, la venue du couple royal belge. Attirée par notre meute de journalistes, il est vrai que bon nombre de curieux se demandait quels invités forcément prestigieux aller pointer le bout de leur nez au bout de ce quai. “Le Roi des Belges? Ah bon ? Et son épouse, elle est là ? Comment s’appelle-t-elle déjà… ah oui Mathilde, c’est ça ? Elle est jolie, dites donc !” Un autre quidam, qui a habité une dizaine d’années à Gand, se vante de bien connaître notre Famille royale… “Philippe, c’est le sérieux de la bande. Mais j’aime bien son frère aussi, ah c’est un rigolo, lui ! Je crierai bien “vive le Roi !” mais j’ai mon train pour Lille qui va partir, là…”, nous confie-t-il avec cet indécrottable accent parisien qui fait tout le sel (à défaut du charme) des habitants de la Ville-Lumière.

Hommage à Albert Ier

Première étape avant de se rendre à l’Elysée: le Roi va s’incliner et déposer une gerbe de fleurs devant la statue équestre du roi Albert Ier. Cette dernière a été installée peu après la Première Guerre mondiale près du pont de la Concorde pour mettre en valeur le rôle exceptionnel et le courage du Roi-Chevalier pendant la Grande Guerre. Chaque Roi des Belges y fait un détour obligé et incontournable à chaque visite officielle dans la Ville-Lumière. Hommage d’autant plus symbolique ce mois-ci, puisque c’est un 17 février 1934, il y a tout juste 80 ans, que le 3ème Roi des Belges perdait la vie en chutant pendant l’escalade d’un rocher de Marche-les-Dames.

Le couple royal. (Crédit photo Didier Lebrun/PHOTONEWS)

Le couple royal. (Crédit photo Didier Lebrun/PHOTONEWS)

Chez François, c’est fromage ET dessert !

Peu avant 12h30, la Citroën C6 officielle transportant nos Souverains pénètre dans la cour du palais présidentiel devant des troupes de la garde alignées sabre au clair et mitraillette rutilante sous la pluie. Le Roi, la Reine, suivi d’une importante délégation belge, pénètrent par l’entrée vitrée la plus célèbre du monde. Pour mieux s’entretenir des relations bilatérales franco-belges, François Hollande a retenu Philippe et Mathilde à déjeuner. Le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères belges, Messieurs Di Rupo et Reynders, sont de la partie  en compagnie de leurs homologues français, Jean-Marc Ayrault et Laurent Fabius. Au menu: duo de foie gras d’oie et de canard, suivi d’un jarret de veau confit au miel parmentier d’épinards, puis fromages… ET dessert, à savoir un lingot chocolat-passion. Une délicieuse cuisine française mitonnée par le chef des cuisines de l’Elysée et servie en une heure chrono avec un vin de Lirac 2011 et beaucoup d’eau pétillante. L’on boit peu entre gens de pouvoir… Les deux chefs d’Etat et leurs suites s’entretiennent jusqu’à 14 h, puis le cortège royal prend la direction de l’Assemblée Nationale où le Roi et la Reine sont accueillis par le président de la vénérable institution, socialise comme le chef de l’Etat hexagonal, Claude Bartolone.

Chez l’ambassadeur mais sans les Ferrero…

Enfin, rendez-vous est donné dans les très beaux salons de la résidence de l’ambassadeur belge en France. Cet hôtel particulier se trouve dans une rue parallèle à la rue Faubourg-Saint-Honoré juste derrière l’Elysée. A l’intérieur, une petite centaine d’invités attendent les hôtes prestigieux. Sont présents des membres importants de la communauté belge installée à Paris, mais aussi quelques personnalités françaises, des journalistes de renom comme Philippe Bouvard, Patrick Poivre d’Arvor et notre excellent collègue Stéphane Bern. Le Roi s’entretient quelques instants avec Philippe Bouvard, PPDA est, quant à lui, présenté à la Reine, qui lui confie qu’elle l’a regardé à la télévision depuis sa plus tendre enfance ! Le journaliste rosit légèrement sous l’hommage et s’incline quelque peu au moment de prendre congé. Edouard Vermeulen, de la Maison Natan, le couturier fétiche de la Reine, commente volontiers la tenue de Dior de la Reine qu’il a aidé à choisir et qui est un subtil hommage à l’amitié franco-belge, puisque l’Anversois Raf Simons est devenu le créateur de la maison de haute-couture parisienne. On s’en voudrait d’oublier notre ancien confrère Luc Beyer, qui a présenté pendant des décennies le journal télévisé de la RTBF avant de goûter une retraite paisible qui le fait voyager régulièrement entre ses domiciles de Paris, Uccle et, Laethem-Saint-Martin. Le vieux journaliste qui sommeillait en lui n’a pas résisté à aller observer de près nos majestés pendant leur visite au parlement français. Une rencontre informelle à l’abri des caméras où nos invités français auront pu découvrir quelques spécialités sucrées bien de chez nous come les gaufres au sucre, des choux à la crème de spéculoos, mais aussi des cuberdons! Par contre, nous sommes en mesure de vous le confirmer: ici comme ailleurs dans les ambassades du monde entier, il n’y a jamais, ô grand jamais, les Ferrero Rochers de l’ambassadeur ! Un mythe s’effondre. Et qui sait, demain, le cours d’une action ! Qu’importe, la vérité est à ce prix !

Photo de famille. (Crédit photo Didier Lebrun/ PHOTONEWS)

Photo de famille. (Crédit photo Didier Lebrun/ PHOTONEWS)