Le Roi et la Reine en visite officielle au Royaume-Uni. Après une (très courte étape) au Parlement, ils ont été reçus à Buckingham Palace pour un déjeuner avec la reine d’Angleterre. C’était la toute première visite officielle d’un roi des Belges en Angleterre depuis… 1963 !

PHOTONEWS

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Philippe et Mathilde n’ont pas pris l’Eurostar pour se rendre à Londres. En ce jour de smog planant sur la Belgique, c’est à bord d’un Embraer de la Défense qu’ils se sont rendus en Angleterre. L’idée était sans doute de gagner en rapidité. Bien mal leur en a pris, au lieu des deux heures de voyage en train, ils ont dû patienter plus d’une heure à Melsbroek (l’aéroport militaire bruxellois) avant de pouvoir décoller. Un épais brouillard nimbait en effet la piste d’atterrissage de Northolt, l’aéroport militaire basé au nord-est de la capitale britannique. Une purée de pois toute londonienne qui épargnait pourtant la City baignée dans un doux soleil de printemps. Le couple royal s’est donc directement pris dans la vue une bonne heure de retard sur l’horaire. Heure qu’il a fallu rogner sur la visite prévue au Parlement.
Posant enfin le pied sur le sol britannique, le couple royal s’est rendu dare dare, sous bonne escorte, chez les parlementaires. Le convoi royal a dû se frayer un chemin dans la circulation londonienne toujours compliquée et a tout de même mis une bonne demi-heure pour atteindre Big Ben, l’horloge du célèbre Parlement britannique qui développe sa majestueuse façade le long de la Tamise. Là, dans l’immense hall d’entrée, le Roi et la Reine – dans une tenue noir et blanc griffée Natan, chapeau de Fabienne Delvigne – ont été accueillis par le Black Rod (grand chambellan) qui, grand bâton à la main, a expliqué cette séculaire tradition lors du discours du Trône devant les Chambres réunies qui le voit se faire claquer la porte au nez à la Chambre des Lords en allant les chercher. Il doit alors frapper trois coups vigoureux de son bâton. C’est ce qu’il a expliqué en substance à nos Souverains. En dehors de cela, point de grande visite des lieux, (Philippe et Mathilde devront accomplir un petit citytrip privé pour en voir plus). Le couple royal est donc directement accueilli par les présidents de la Chambre haute et de la Chambre basse, John Bercow, speaker de la Chambre, et la baronne D’Souza, Lord Speaker. L’entretien se déroule en présence du ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, dans la River Room, offrant comme son nom l’indique, une vue sublime sur la Tamise.

Chez la Reine

 © Photo News

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À 12 h 55 précises (on est de nouveau raccord avec l’horaire), le couple royal et la délégation belge pénètrent dans l’enceinte du Palais royal de Buckingham par la grille principale au son du clairon de la Garde d’honneur parfaitement alignée, fusil au garde à vous, poils d’ours impeccablement dressés sur le bonnet. La limousine s’arrête sous le porche de l’édifice. La reine Elizabeth, dans une tenue beige pastel dont elle a le secret, attend Philippe et Mathilde directement dans ses appartements privés, sourire sur le visage et sacoche au poignet, escortée de ses célèbres corgis, comme le veut l’usage. Le service de presse insiste, c’est un suprême honneur que la Reine fait à nos Souverains de les recevoir dans ses appartements. Et pour cause le déjeuner se veut “familial”. Léopold Ier de Belgique était en effet l’oncle de la reine Victoria, l’arrière-arrière grand-mère d’Elizabeth II, l’illustre souveraine qui avait épousé un certain Albert… de Saxe-Cobourg Gotha. Le duc d’Edimbourg, prince consort, n’est pas présent. Âgé de 92 ans, le prince Philip doit sans doute se ménager. Elizabeth II, qui, quant à elle, porte toujours fièrement ses 87 ans, a donc convié à ce déjeuner familial ses cousins le duc Edouard de Kent et le duc de Gloucester accompagné de son épouse.
Le duc de Kent qui a présidé les missions économiques britanniques pendant de nombreuses années et le duc de Gloucester, architecte de formation, sensibilisé par la problématique du logement social. Le déjeuner fut donc consistant intellectuellement, nos Souverains se trouvant en terrain connu. Le Roi a d’ailleurs été impressionné par la vivacité de la Souveraine la plus célèbre du monde. Au menu de ce déjeuner : terrine de jarret de porc fumé aux pickles, filet de cabillaud en ragoût de flageolets et tomates, escorté de cardons, suivi d’un parfait glacé au chocolat blanc et rhubarbe du Yorkshire, le tout arrosé d’un bon sancerre frappé.

Le couple royal belge connaît bien la Reine. A l’époque encore duc et duchesse de Brabant, Philippe et Mathilde avaient été reçus à déjeuner au château de Windsor en mars 2000, peu après leur mariage, à l’occasion d’une visite de travail. Ils l’ont encore revue à l’occasion du mariage du prince William et de Kate Middleton en 2011 et ont été encore reçus par la Reine lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Le roi Albert II et la reine Paola ont été conviés la même année à l’occasion du Jubilé de Diamant d’Elizabeth II. Mais cette visite officielle est particulièrement importante puisque la dernière visite d’Etat belge en Grande-Bretagne remonte tout juste à un demi-siècle, en mai 1963. Il s’agissait alors du roi Baudouin et de la reine Fabiola.

Après cet entretien royal, Philippe et Mathilde se rendent à l’abbaye de Westminster où ils déposent une gerbe de fleurs blanches sur la tombe du Soldat Inconnu, en réalité un ensemble de restes de soldats morts au champ d’honneur recueillis sur différents champs de bataille lors de la Première Guerre mondiale et notamment sur le sol belge (Flanders fields) où les soldats de Sa Très Gracieuse Majesté ont payé un lourd tribut. Ce geste traditionnel des visites d’Etat et officielles est particulièrement symbolique en cette année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre. Ensuite Philippe et Mathilde ont droit à une visite de l’abbaye avec pour guide le doyen de Westminster himself, John R. Hall. Ils se recueillent notamment dans la chapelle Henry VII dédiée à la Vierge Marie.

Enfin, le Roi et la Reine sont les invités d’une réception à la résidence de l’ambassadeur belge en Grande-Bretagne. Ils y rencontrent les Belges notables résidant ou travaillant à Londres, ainsi que quelques personnalités du cru dont un paquet de Lords, nous explique-t-on. Des entretiens informels où Philippe et Mathilde, qui commencent à être rompus à cet exercice, montrent un entregent évident. Cette courte visite londonienne était la sixième du genre. Prochaine étape l’Espagne d’ici la fin du mois. Ensuite, une visite de deux jours en Scandinavie…