Philippe a accueilli Barack Obama à sa descente d’Air Force One sur le tarmac de Zaventem. Un moment historique ! La dernière visite d’un président américain en Belgique date de 2005.

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La fébrilité est au rendez-vous. Nous avons obtenu le feu vert pour couvrir l’arrivée de Barack Obama à Zaventem. Nous avons rendez-vous sur un parking sécurisé où il nous faut montrer patte blanche pour pouvoir être assis dans un bus, seul sésame conduit sous haute escorte vers notre destination, l’aéroport privé d’Abelag situé le long des pistes de Zaventem, où va se parquer Air Force One, en provenance des Pays-Bas. Il est 18 h 30, nous attendons. L’arrivée de l’avion du Président est prévue dans trois heures. Ca tombe bien, chacun d’entre nous doit passer le contrôle de sécurité, placé sous la direction du Secret Service américain. Nous sommes en Belgique, mais  avec une indéniable tutelle américaine. Pourtant, nos forces de l’ordre sont présentes en nombre. Des policiers partout, à l’extérieur comme à l’intérieur du bâtiment. Dans un couloir annexe, près des toilettes, toute une escouade des forces spéciales de la police fédérale attend son heure. Après un passage sous portique, nous remontons dans le bus direction le tarmac. Nous sommes encadrés de policiers, alors que dans les pelouses et sur les toits voisins nous distinguons à peine les snipers tapis, lunettes infrarouges vissées sur les yeux, fusils à longue portée sans doute braqués sur nous. La remorque d’un camion entourée de barrières Nadar sera notre enclos et notre périmètre de travail. Une dame du secret Service nous explique dans la langue de l’Oncle Sam que si l’on met un pied hors des barrières Nadar pendant les prochaines heures, on sera immédiatement expulsé du tarmac. Le ton est donné.

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Le froid se fait plus mordant alors que s’égrènent lentement les minutes. Nous battons la semelle en regardant les avions atterrir sur l’autre piste de Zaventem.

Il n’est pas encore 21 h que plus aucun trafic aérien n’est visible. C’est alors qu’entre en scène un hélicoptère de la police fédérale. Alors qu’il vole en stationnaire au-dessus de l’aéroport, le convoi de 45 voitures, tous gyrophares virevoltant, se déploie.

Un phare dans la nuit. Et un grondement sourd. Air Force One est en approche, seul, tout seul dans un espace aérien belge totalement dégagé. Il est 21 h 30, le splendide oiseau bleu et blanc fait crisser son train d’atterrissage. Certes, dans la pénombre, sa robe est quelque peu masquée, mais pas le drapeau américain sur l’empennage, éclairé par des spots intégrés à l’avion. Qu’importe, on va le voir de tout près cet immense 747-B200. Il vient se ranger juste en face de la tribune de presse, à moins de cinquante mètres de nous. Le convoi arrive sous son aile. En première voiture, une BMW frappée du seul chiffre 1. C’est le Roi en personne qui vient accueillir le président Obama sur notre sol. L’usage vaudrait normalement que le chef d’État de passage vienne saluer le chef d’État du pays visité en son bureau, à savoir le Palais royal dans le cas présent. Mais avec le président américain, l’homme le plus puissant du monde, l’on s’asseoit quelque peu sur le protocole. Et c’est le Roi qui se déplace pour lui. Mais Philippe semble vraiment heureux d’être là.

La lourde porte d’Air Force One s’ouvre alors que la passerelle est installée. Le Roi, rejoint par le Premier ministre, se positionne au pied de la passerelle. Deux lourdes voitures blindées se garent à leur tour devant l’appareil.” The Beast” et son clone, Cadillac One and Two, les deux voitures réservées au Président, arrivées en droite ligne de Washington. On ne sait jamais laquelle va emprunter le Président, toujours pour raison de sécurité.

Un homme surgit dans l’embrasure de la porte. Une tête reconnaissable entre toutes: Barack himself. Un salut de pro adressé au peuple belge, en réalité pour les caméras, appareils photos et journalistes, seuls témoins de la scène, qui se chargeront de transmettre le message auprès de la population. Il descend la passerelle en courant, comme s’il faisait son jogging, les deux poings serrés et ramassés devant son ventre, comme il en a l’habitude. Son premier regard est pour le Roi. Les deux hommes se serrent chaleureusement la main et Barack décoche son large sourire. Il reconnaît aussi Elio Di Rupo qu’il a encore vu le matin-même à Amsterdam.  Quelques poignées de main à des collaborateurs et le groupe se sépare déjà. Après un dernier salut aux journalistes, Barack Obama grimpe dans The Beast, alors que le Roi se dirige à pied vers son propre véhicule garé quelques dizaines de mètres plus loin. Le convoi se met en branle, impressionnant. Quelque 45 voitures qui fendent la nuit, précédées par une flèche de la police de Bruxelles, qui a ressorti en l’honneur du président les vieilles Harley-Davidson du garage où elles sont visiblement entretenues avec amour.  Au sein du convoi, plusieurs vans, toutes vitres baissées, le chauffeur porte des lunettes de vision de nuit, tout comme les agents armés de fusil d’assaut qui dépassent par les portières. Un véritable show à l’américaine. Le convoi se rend au centre-ville vers le quartier de la Porte de Namur qui va accueillir l’importante délégation américaine pour la nuit.

Trois heures d’attente pour cinq minutes d’action, nous repartons vers notre vie ordinaire sans regretter un seul instant cette expérience fascinante. C’était comme dans un film… qui finit bien.

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