Le Roi et la Reine se sont envolés ce vendredi pour le Brésil afin d’assister à la deuxième rencontre de football de l’équipe belge… face à la Russie ! Glissons-nous dans les coulisses de ce périple, petite papote royale en bonus…

Le Roi et la Reine à Rio pour la Coupe du Monde de football. (Crédit BELGA IMAGE)

Le Roi et la Reine à Rio pour la Coupe du Monde de football. (Crédit BELGA IMAGE)

Vendredi matin, 7 h 30. Aéroport militaire de Melsbroek. Sur le tarmac baigné d’un timide soleil, non loin du Falcon qui lui sert de doublure pour ce voyage, le tout nouvel avion de la Défense fait rutiler sa grise carlingue, la nouvelle livrée des transporteurs du 15e Wing. Dans quelques instants, le temps d’un vol jusqu’à Rio de Janeiro, le bel engin sera rien moins que l’avion royal ! Enfin, le temps d’un vol… à étapes, car cet Airbus A321-200 a une autonomie assez réduite, à peine 4.500 kilomètres. Bizarrement, c’est pourtant cet “Air Force Oneke” (comme le surnomme une mauvaise langue à bord) qui a été affrété pour transporter à bon port le Roi, la Reine et une petite délégation constituée de leurs plus proches collaborateurs, dont la coiffeuse de la Reine (de la Maison Roger), le ministre en affaires courantes des Affaires étrangères Didier Reynders, le ministre en affaires courantes de la Défense, Pieter De Crem, et leurs staffs respectifs, ainsi que des représentants de l’Union belge, un invité prestigieux de l’Union – l’ancien manager d’Anderlecht Michel Verschueren, toutes gourmette et savoureuse gouaille dehors -, une poignée de membres de l’association de Vincent Kompany “SOS Villages d’enfants”, quatre hommes d’affaires et autant de journalistes. Bref, à peine une quarantaine de personnes à bord, la délégation officielle qui va soutenir les Diables Rouges dans leur plus grand défi sans doute au premier tour de cette Coupe du monde de football, le match de l’équipe belge face à la sélection russe, ce dimanche à 18 h dans le stade mythique de Maracana à Rio. L’un des plus célèbres du monde pour ceux qui connaissent. Bref, il faut voyager léger pour ménager sa monture et voler le plus loin possible. On prévoit tout de même une ou deux escales avant d’atteindre notre destination qui vibre déjà bon la samba, de l’autre côté de l’Atlantique, loin, bien loin en dessous de la ligne de l’Equateur.

Royale papote avant la popote…

Petite agitation à l’avant de l’appareil. Deux, trois portables se dressent au-dessus des rangées de sièges. Ca sent la visite royale… Eh oui, Mathilde apparaît, brushing impeccable, en chemisier sombre. Au poignet, elle arbore le petit bracelet d’élastiques noir-jaune-rouge que lui a donné Pieter De Crem et élaboré par la fille-même du ministre selon le nouveau jeu à la mode dans les cours de récréation.
Le Roi n’est pas loin. Il a troqué le veston contre un vert pull-over plus confortable et qui cache habilement la paire de bretelles qui retiennent le royal pantalon. Philippe et Mathilde viennent saluer chaque passager à son siège et prendre des nouvelles des habitués. Nous nous risquons à demander au couple royal son pronostic pour le match: 2-0, 3-0, 4-O ? Le Roi hausse les épaules: “Les Belges ont une chance, mais tout peut se passer.”  ”Je ne me risque pas aux pronostics, nous souffle la Reine. Mais il faut qu’on gagne ! On y croit ! Cela dit, les Russes sont forts. Sur papier, ils sont même plus forts que les Algériens. Et ces derniers nous ont déjà secoués.” “Oui, la première mi-temps fut compliquée, les joueurs avaient une pression énorme sur eux, ajoute le Roi, qui avait regardé le premier match des Diables au siège de la FEB (Fédération des entreprises de Belgique).
Les petits princes ne sont-ils pas tristes de ne pas accompagner leurs parents à la Coupe du Monde. “Ah oui, bien sûr, s’exclame la Reine, mais il y a école jusque vendredi prochain. C’est important qu’ils y aillent jusqu’au bout et qu’ils remercient leurs professeurs. Mais ils regarderont le match à la télé avec des petits amis. Et je peux vous dire que Laeken n’est pas assez grand pour contenir leurs cris quand un but est marqué !” Car les garçons adorent le football. “Lisa aussi”, nous confie le Souverain (pensant à son aînée Elisabeth) et  qui ajoute taper le ballon à l’occasion avec ses enfants dans le parc de Laeken. Qui va au goal ? “On change régulièrement.” Un scoop de Michel Verschuren: “Le petit Prince Gabriel est un grand supporter de l’équipe d’Anderlecht. C’est une preuve d’intelligence!”, plaisante l’ex-manager des Mauves.

Un score diplomatique

Ce n’est pas la première Coupe du monde à laquelle assiste le couple, devenu royal depuis un an. “Au Japon, en 2002, nous avions eu un score diplomatique: 2-2. Les Japonais applaudissaient nos points et nous les leurs. L’ambassadeur était ravi”, sourit la Reine. La conversation, totalement informelle et agréable glisse sur la littérature. “Ces longs voyages sont l’occasion de lire des gros livres. Pour l’instant, je dévore “Le petit joueur d’échecs” de Yôko Ogawa”, précise la Reine, qui avoue lire énormément et tant en français qu’en néerlandais dans le texte.
La conversation glisse maintenant sur la télé: “Vous avez vu cette série de reportages sur la guerre 14-18 ? C’était très intéressant. On a tout enregistré. Mais nous devions d’abord vérifier si on pouvait montrer toutes les images aux enfants…” Amusant, le couple royal se trouve dans la travée centrale et bloque sans le vouloir la circulation. Les stewards n’osent pas interrompre la conversation pour gagner l’arrière de l’appareil et se massent peu à peu en périphérie de notre groupe, attendant une ouverture. Le Roi s’éloigne, mais la Reine continue à s’entretenir avec nous pendant un bon quart d’heure. L’ambiance est sympa et décontractée. Un peu embêté, un conseiller se rapproche finalement pour glisser dans la royale oreille: “Votre Majesté, l’équipage vous attend pour servir le repas.” La Reine nous prie de l’excuser et s’éclipse vers l’avant…

Escale au Cap-Vert après six bonnes heures de vol. Un peu déçu. Notre étape n’a de vert… que son nom et ressemble furieusement à une poignée de cailloux pelés perdus en plein océan. Seulement trois avions sur le tarmac, dont un Antonov poussif et un salon VIP assez terne… Mais voilà qu’on s’agite soudain, le prochain appareil est attendu dans une heure ! Oulà, l’affluence…
On remonte à bord avec la perspective de devoir affronter une nouvelle escale avant notre joyeuse destination. C’est alors que retentit une bonne nouvelle : “Sire, Votre majesté, Mesdames, Messieurs, nous avons le plaisir de vous annoncer que nous pouvons voler directement sur Rio. Une deuxième escale ne sera pas nécessaire. Le vol sera d’une durée de 6 h 15.” Ah, bien ! Rio nous voilà ! Enfin presque…