Avant le match historique des Diables, une journée bien remplie pour le Roi et la Reine qui s’est achevée de manière très romantique sur l’attraction touristique phare de Rio de Janeiro. Récit. 

Le roi et la Reine devant le panorama de Rio sur le Pain de Sucre. (Crédit  BELGA/DOPPAGNE)

Le roi et la Reine devant le panorama de Rio sur le Pain de Sucre. (Crédit BELGA/DOPPAGNE)

 

On les reconnaît de loin malgré la pénombre. La couronne bien sûr, mais aussi la cape, royale, majestueuse, prise dans un drapeau immense aux couleurs du Royaume… eh oui, les supporters des Diables rouges sont légions en ce début de soirée sur le Pain de sucre ! Bien sûr, vous connaissez le « Christ Rédempteur » qui, les bras en croix, domine, du haut de son promontoire, la ville de la samba. Mais ce Pão de Açúcar,  énorme Rocher surgi des flots de la baie de Guanabara en d’autres millénaires est l’autre attraction touristique phare de Rio de Janeiro. Pour l’heure et malgré l’obscurité plus que naissante, la file pour prendre le double téléphérique et embrasser une vue sublime de la baie affiche encore trois heures d’attente. Les supporters sont joyeux pourtant. Ils reconnaissent soudain une tête familière : « Eh, mais c’est… le Roi ! Bonjour mon Roi ! Bonjour ma Reine ! », clame un fan portant haut ses couleurs endiablées. Aussitôt, un concert d’acclamations s’élève : « Vive le Roi ! Vive la Belgique ! Soutenez bien nos joueurs, hein ! Bon match ! » Les autres touristes sont intrigués. Ils se font expliquer cette visite de personnalités, qui ne passe pas inaperçue. Même si le dress code royal est en mode relax – veston sport, pas de cravate -  tous ces types en costard qui débarquent en VIP au milieu d’une foule en short, non, effectivement, ça ne passe pas inaperçu ! «  ele é o rei da Bélgica ? », s’étonnent les Brésiliens, ravis. Bref, l’unanimité pour un couple, qui ne cache tout de même pas sa surprise devant l’agréable accueil.

Cette activité touristique n’était pas prévue dans l’agenda serré de ce minitrip à Rio. Elle a été décidée à la dernière minute. Philippe connaît le Pain de Sucre, qui contient une charge émotionnelle forte pour lui. Alors duc de Brabant, il l’a visité en 1999, lors d’une mission économique entreprise tout juste après l’annonce de ses fiançailles avec Mathilde d’Udekem d’Acoz. Quinze ans plus tard, le nouveau Roi tenait absolument à montrer cette curiosité géographique à son épouse.

Des fleurs pour arrière-grand-papa

La journée avait débuté sur un mode plus traditionnel, mais non moins chargé d’émotion. Philippe et Mathilde ont inauguré une plaque de rue et déposé une gerbe devant un buste familier. Avenue Reine Elisabeth, ils se sont en effet inclinés devant la statue élevée au roi Albert Ier. Mais oui ! Si, aujourd’hui, les Brésiliens l’ont sans doute un peu oublié et imaginent que cette avenue a été baptisée en hommage à la reine d’Angleterre, il s’agit pourtant bel et bien du Roi et de la Reine des Belges qui ont été honorés à cet endroit. Albert Ier et son épouse Elisabeth ont accompli ici en 1920 la toute première visite de Souverains, mais, même plus, de chefs d’État européens sur le continent sud-américain depuis sa découverte par les explorateurs espagnols et portugais ! À l’époque, la population avait acclamé nos Souverains. La nouvelle plaque de rue leur donnera toutes les informations historiques nécessaires…

Le nouveau visage de Rio

Après le volet historique, place à l’économique. Le Roi, qui a emmené quelques hommes d’affaires avec lui dans cette visite aux Diables (on ne chasse pas vingt ans de missions économiques d’un revers de manche ;-) ) , a assisté samedi midi à un exposé sur la présence des entreprises belges au Brésil pour cette Coupe du monde de football. Ainsi de la pelouse des stades placée par Desso (on s’en souvient, en 2010, lors de sa précédente visite, le prince Philippe avait mis toute son influence au service de ce projet), mais EVS assure quant à elle toute la production vidéo des matches de cette Coupe, alors que Newtec se charge de les transmettre par satellite, que Schréder éclaire les stades, que Daikin souffle le chaud mais surtout le froid dans le stade climatisé de Maracana de Rio, et que Barco gère la salle de contrôle… Et tout ça, c’est du Made in Belgium !  Les organisateurs ont rappelé aussi les projets à accomplir encore pour les Jeux Olympiques de Rio en 2016, où les entrerprises belges pourraient encore décrocher quelques contrats. Même si les travaux sont déjà bien avancés. Nous avons pu découvrir l’impressionnante métamorphose de la ville, capharnaüm de la circulation, qui se tourne désormais vers une vision plus verte, plus écologique, plus moderne, quoi !

Et pour les enfants? Tintin !

Dans l’après-midi, la Reine a, quant à elle, rendu visite à une maison qui accueille des orphelins ou des « enfants du juges » (éloignés de leur famille par la justice), un projet développé par SOS Villages d’enfants Belgique à qui la Reine a accordé son Haut Patronage et dont le capitaine des Diables Vincent Kompany est un ambassadeur de bonne volonté. Mathilde avait déjà visité une autre maison de ce genre à Sao Paolo en 2010. Comme toujours très à l’aise avec les enfants, la logopède et psychologue de formation s’est entretenue un long moment avec les bambins avant de leur offrir des bandes dessinées de Tintin en portugais. La reine a reçu en échange un petit bracelet portant son prénom et réalisé par une des pensionnaires de la maison.

On ne sait pas si ce dimanche Mathilde portera ce bracelet, il ne faudrait pas qu’il jure avec les couleurs nationales que le couple aura à cœur de porter pour le match décisif qui verra les Diables affronter l’équipe russe pour le meilleur ou pour le pire. « Il faut qu’on gagne ! », rappelle la Reine quelques instants plus tard aux supporters sur le Pain de Sucre. Dans quelques heures, on sera fixé.