Qualifiée de limousine la plus sûre du monde, la Mercedes-Maybach S600 Guard peut résister à des tirs d’armes de guerre, des roquettes, des grenades et des mines antipersonnel!
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Signe que les temps ont changé, signe que les autorités du pays se préparent à une menace terroriste de très longue durée, le Roi a troqué la voiture blindée prêtée, un peu en urgence, par le gouvernement fédéral contre son propre véhicule de fonction sécurisé, qui porte désormais, et sans doute pour longtemps, la plaque 1 réservée au chef de l’État. Et quelle voiture blindée? En apparence identique au modèle d’origine, ce véhicule recèle sous sa discrète carrosserie une armada de technologies et de matériaux le transformant en un véritable tank, le canon en moins! Pour les spécialistes, la Mercedes-Maybach S600 Guard est tout simplement la limousine blindée la plus sûre du monde! Le président russe Vladimir Poutine en aurait commandé une dizaine d’exemplaires. Il utilise en tout cas, pour ses propres déplacements, une S600 Pullman (version longue de 6,50 m à six portières), coûtant pas moins de 1,4 million d’euros. Le Roi des Belges se contente, lui, du modèle classique à… 470.000 euros (prix de base HTVA). Long de 5,45 m, l’engin n’a pas trop de son moteur V12 6.0 biturbo de 530 ch pour déplacer ses… 4,3 tonnes! À cause de son blindage renforcé, la S600 Guard pèse près du double de la version standard! Si nécessaire, elle pourra tout de même éloigner ses passagers de situations dangereuses à 209 km/h maxi, sans effort et dans le confort de sièges first class avec repose-pieds, minibar, wifi et télévision dans les appuie-têtes.

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Un char d’assaut, le canon en moins!

Spécialiste, depuis 85 ans, de la protection passive des chefs d’État pendant leurs déplacements, Mercedes Benz a développé dans ses propres ateliers de Stuttgart toute une gamme de véhicules blindés estampillés Guard, dont le modèle E et le 4×4. La Mercedes-Maybach S600 est le véhicule amiral de la marque à l’étoile. Il lui fallait donc impérativement une déclinaison blindée. Déjà disponible en niveau de protection VR09 (de l’anglais Vehicule Resistence), cette limousine séduit de nombreux chefs d’État et personnalités car elle s’inscrit, depuis peu, comme la première voiture civile à répondre au niveau le plus élevé de protection (VR10). L’acier ultrarésistant associé aux matériaux composites en céramique de la carrosserie ainsi que le vitrage blindé et anti-éclats, en verre stratifié recouvert de polycarbonate, arrêtent des tirs d’armes de guerre et même des balles perforantes, y compris lors d’une attaque à bout portant! Le véhicule résiste également aux tirs de roquettes et aux grenades, alors que le plancher renforcé digérera sans mal pour ses passagers l’explosion d’une mine antipersonnel. Même criblés de balles et dégonflés, les pneus Michelin Pax, pourvus de bandes de roulement, continueront de rouler sans déjanter, permettant à la limousine de s’éloigner de la zone de tirs (jusqu’à 50 km/h, pendant trente kilomètres s’il le faut). Pourvu d’un système d’air frais d’urgence en plus de l’air conditionné, le véhicule est étanche aux attaques chimiques, et pourvu d’un système d’extinction d’incendie automatique. Les lourdes portes blindées bénéficient d’une ouverture assistée et sont pourvues d’un système d’ouverture d’urgence. Le conducteur pourra s’aider de la vision de nuit et d’un système de caméras embarquées pour se sortir de toute situation périlleuse. Les ingénieurs de Stuttgart ont dû sérieusement modifier les critères en matière de suspension, freins et aides électroniques pour conserver à ce bunker sur roues tout le confort du modèle d’origine. Car dotée de tout un arsenal technologique, la S600 est aussi un véritable bureau roulant hyperconnecté.

Des gardes du corps depuis 1882

Jusqu’à il y a peu, les plus hautes personnalités de l’État vivaient dans une relative insouciance. Il n’était pas de tradition de placer le Premier ministre ou le ministre de l’Intérieur sous protection – il était même courant, à l’époque, de croiser Elio Di Rupo seul à pied dans les rues de la capitale. Même si, depuis Léopold II en 1882, suite à plusieurs attentats commis contre d’autres souverains européens, le Souverain est toujours entouré de gardes du corps en public, il se déplaçait jusqu’alors dans un véhicule tout ce qu’il y a de plus classique et de non sécurisé. Ainsi la BMW série 7 du roi Philippe au début de son règne ou sa Mercedes S350 ensuite. De manière ponctuelle, notamment à l’époque des Tueurs du Brabant et des Cellules Communistes Combattantes (CCC), il était fait usage, pour les uns et les autres, de voitures blindées, prêtées par les constructeurs pour l’occasion. Depuis que le niveau de menace terroriste a été relevé au niveau 3 en Belgique, cette époque bénie est révolue. Après l’attaque des locaux de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015, le groupe Audi a fourni en leasing des Audi A8 L blindées pour les déplacements du couple royal comme des principaux ministres fédéraux. À peu près au moment des attentats de Paris du 13 novembre dernier, le Roi est entré en possession de sa Mercedes-Maybach S600 Guard. Pour ses trajets en solo, la Reine conserve l’usage d’une Audi A8 L blindée. À signaler que lors du déplacement d’un convoi royal (toujours entouré de motards de l’Escorte royale), le véhicule du chef de l’État est toujours accompagné d’au moins une deuxième voiture blindée, et souvent précédé d’un 4×4 à garde haute (pour gêner un éventuel tireur de face?). Il nous est revenu que le Roi s’était personnellement rendu dans un showroom de la marque à l’étoile pour choisir son véhicule, acheté ensuite par la Liste civile. Impossible d’en obtenir la confirmation auprès du Palais royal ou du constructeur automobile, plus silencieux que jamais. C’est que le sujet est sensible… L’autre possibilité serait que le véhicule fasse l’objet d’un leasing longue durée. Quoi qu’il en soit, d’aucuns s’interrogeront sur l’utilité de disposer d’un pareil véhicule pour le Roi de notre petite Belgique. Rappelons qu’en sa qualité de chef de l’État et symbole de la Nation, il représente plus que jamais une cible de choix pour les terroristes. Il ne s’appartient donc pas et sa sécurité devient raison d’État. À ces conditions-là, la nécessité d’assurer sa protection n’a pas de prix.