Comme les dotations princières sont menacées, avec le concours de references.be, nous avons analysé le C.-V. du Prince et dégagé des pistes pour lui donner un avenir professionnel.

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Jamais sans doute la princesse Astrid et le prince Laurent n’ont été aussi près de perdre leur dotation. Non que la fille du Roi ait démérité en quoi que ce soit en 20 ans de bons et loyaux services aux côtés du Souverain. Nous n’épiloguerons pas longtemps sur l’affaire Fons Pereos, la fondation privée de la reine Fabiola, qui a déclenché un tollé général dans l’opinion politique, médiatique et donc publique, surtout quand cette dernière a appris que la veuve du roi Baudouin a perçu 27 millions d’euros ces 20 dernières années pour des activités officielles de plus en plus épisodiques. Nous ne nous attarderons pas sur les contacts supposés ou avérés que le prince Laurent entretiendrait avec moult diplomates angolais ou issus d’autres plaisantes démocraties africaines. Mais la population a ses humeurs, et pour l’heure, elle est plutôt remontée contre la famille royale. Ce alors que les partis de la majorité au niveau fédéral se préparent à faire voter la réforme des dotations royales à la Chambre, sur base des recommandations du Sénat. Pour rappel, seuls le prince héritier, le roi abdicataire, le conjoint veuf du souverain devraient désormais recevoir une dotation, les autres altesses royales étant obligées de travailler pour subvenir à leurs besoins. Un statut transitoire était prévu pour la princesse Astrid et le prince Laurent, puisqu’une dotation leur a été octroyée pendant un vingtaine d’années pour compenser le fait qu’ils ne pouvaient exercer d’activités rémunérées par ailleurs. las, les dernières polémiques mettent du plomb dans l’aile de cette mesure.
Sur le marché du travail à 50 ans
Bien sûr, en cas de supression de dotation, la princesse Astrid ne sera pas à la rue. Son époux est un homme d’affaires d’envergure, copropriétaire de la banque Gutzwiller à Bâle en Suisse, une banque d’affaires qui lui rapporterait plusieurs millions d’euros par an. Il est également membre du conseil d’administration de plusieurs grandes entreprises comme BNP Paribas et GDF Suez. Le couple et leurs cinq enfants jouissent en outre de la villa Schönenberg, un petit château avec piscine intérieure construit rien que pour eux par la Donation royale juste à côté du château du Stuyvenbergh où demeure Tante Fabi. Laurent, quant à lui, est également logé aux frais de la princesse dans sa villa Clémentine située à Tervuren. Mais son épouse, la princesse Claire, a abandonné son travail de géomètre-expert pour élever leurs trois enfants, la princesse Louise et les jumeaux Aymeric et Nicolas. S’il devait perdre sa dotation à 50 ans, ce serait donc une véritable catastrophe pour le fils cadet du Roi. Même si l’on imagine qu’avec une vingtaine de prestations annuelles officielles recensées, il est sans doute arrivé à mettre de côté une belle partie de sa dotation annuelle de 307.000 euros non imposée. Cela dit, nous avons pris les devants et imaginé quel travail le Prince pourrait exercer s’il arrivait sur le tard sur le marché de l’emploi. Nous avons recouru pour ce faire à l’expertise du rédacteur en chef de References.be, Rafal Naczyk.
«J’ai examiné le Curriculum Vitae du Prince et analysé pour lui les réalités économiques du marché de l’emploi. Il n’a clairement pas du tout le profil d’un salarié. Mais il part avec de gros avantages, de par son nom et son statut de prince de Belgique, il dispose d’un réseau de contacts immense. et en plus, il est charismatique.» Malgré toutes ses frasques, «il reste extrêmement populaire. ce qui laisse supposer qu’il pourrait exercer le rôle d’un cadre supérieur, d’un grand manager, voire d’un capitaine d’industrie et démarrerait tout en haut de la hiérarchie.»
Notre spécialiste voit trois pistes très sérieuses pour le prestigieux candidat travailleur.
1.Dans un conseil d’administration
Intégrer le conseil d’administration/le board opérationnel d’une grande entreprise (une fonction représentative et très relationnelle, avec un revenu mensuel net de 7.000 à 13.000 euros. Ce que fait son beau-frère le prince Lorenz et bon nombre d’autres personnalités issues de la noblesse et détentrices d’un carnet d’adresses imposant. Le travail est assez réduit, la présence est souvent symbolique et les émoluments confortables.
2.Devenir consultant
Utiliser ses connaissances antérieures et devenir consultant indépendant sur les thématiques et enjeux environnementaux, la gestion des ressources naturelles et la promotion des technologies propres. «Un peu ce que veut faire Sarkozy, ou ce que font Bill Clinton ou Tony Blair», reprend Rafal Naczyk. «Eux peuvent facturer quelque 20.000 euros la conférence. Le prince Laurent est certes moins connu qu’eux internationalement, mais je le verrais bien pouvoir facturer chaque prestation 10.000 euros.»
3.Créer sa propre entreprise
Se lancer en tant qu’entrepreneur, dans le secteur des technologies propres. Avec des exportations à destination des pays BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. «C’est, selon moi, la piste la plus réaliste: non seulement, il possède déjà un capital de départ, mais vu son carnet d’adresses, il pourra avoir très facilement accès à des investisseurs. Autre argument: s’il crée une entreprise de pointe en Belgique, il relocalise l’emploi. C’est donc une manière de se rendre utile aux citoyens, à la société et à l’économie du pays. Là, si sa boîte marche plutôt bien, il peut espérer des revenus comparables à ce dont il bénéficiait jusqu’à présent avec sa dotation.»
Les derniers conseils du pro
«Désormais, les contacts professionnels se prennent sur le Web. La présence numérique est incontournable tant pour les recruteurs que pour les entreprises et les candidats. Le hic, c’est que le Web n’oublie rien. Vu la quantité d’articles ravageurs à son égard, le Prince doit impérativement soigner son e-réputation, son ombre numérique. Pour valoriser son profil, il peut soit faire appel à un pompier du web ou une entreprise spécialisée dans la gestion de l’identité numérique, soit il doit se montrer sur les réseaux et y être actif. En participant à des forums, blogs, en ciblant les prises de contact. Mais aussi en plaçant en tête d’affiche les éléments les plus valorisants de son profil pour qu’en tapant son nom sur le Web un recruteur tombe immédiatement dessus.»
Le prince explorateur
Bien évidemment, rien n’empêche le Prince de cumuler les trois métiers que nous lui proposons. En tant que Prince et chef d’entreprise, Laurent pourrait être amené à faire des conférences très prisées et être par ailleurs sollicité pour intégrer l’un ou l’autre big board… que du bénéfice! En demandant l’analyse du spécialiste de l’emploi qu’est Rafal Naczyk, nous nous rendons compte par ailleurs que le Prince a de sa propre initiative, entamé des démarches dans le même sens. Si son IRGT (institut des technologies propres) est mort avec l’arrêt de financement des trois Régions, il a créé plusieurs sociétés liées au développement de ces technologies propres. C’est d’ailleurs justement pour développer ces dernières qu’il a pris des contacts touchy avec des diplomates angolais ou s’est rendu en Libye. Lui tailler un statut sur mesure qui l’éloigne du trône mais lui donne le champ libre pour mener ses affaires semble être la solution la plus opportune. De toute façon, il est douzième dans l’ordre de succession au trône, alors à moins d’une hécatombe dans les rangs de la famille royale, il est peu probable qu’il soit amené à jouer le rôle de chef d’État. Et puis, baliser la route pour lui et lui permettre de prendre sa place d’homme parmi les autres hommes, comme l’expliquait son conseil, Me Pierre Legros, c’est aussi donner un avenir aux autres nombreux membres de la famille royale à venir sur le marché du travail.