La deux propose la seconde saison de “Pushing Daisies”, un joli conte morbide.

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Ned est un pâtissier au talent très particulier. Dès son plus jeune âge, il a découvert qu’il pouvait ressusciter les morts. Sa première expérience, son chien Digby, est rapidement suivie d’une autre, plus traumatisante. En ramenant sa mère à la vie, le petit garçon a réalisé que son don était assorti de conditions. Tout d’abord, soixante secondes après la résurrection, une autre personne décède. Ce jour-là, le père de Charlotte “Chuck” Charles, la voisine dont il était amoureux, a perdu la vie. Ensuite, Ned ne peut plus toucher l’être à qui il a rendu la vie, sous peine de le voir mourir “définitivement”. La mère de Ned est décédée une seconde fois en voulant embrasser son fils. Ned et Chuck se sont retrouvés au cimetière, enterrant chacun un parent. C’est ce jour-là que les deux enfants ont échangé leur premier et seul baiser. La prochaine fois que Ned reverrait Chuck, elle serait morte. La petite fille est confiée à ses tantes Vivian et Lily, anciennes championnes de natation synchronisée et agoraphobes. Lui est envoyé dans un pensionnat par son père.

Bien des années plus tard, le jeune garçon est devenu… pâtissier. Débordé par les montagnes de crème fouettées, il trouve encore le temps de venir en aide à Emerson Cod, un détective privé. Non pas par bonté d’âme. Mais l’homme a découvert le secret de Ned et le force à l’assister dans ses enquêtes. Le pâtissier ressuscite les personnes assassinées, leur demande des détails sur leur propre meurtre et les réendort, le tout en moins d’une minute. Il est ensuite beaucoup plus simple de trouver le coupable et de satisfaire les clients d’Emerson. Ned jongle entre la farine et la morgue jusqu’à ce qu’il tombe sur une morte très particulière… Chuck. Toujours sous le charme de la jeune femme, il ne peut se résoudre à l’abandonner. Commence alors une histoire d’amour impossible entre les deux personnages, qui ne peuvent jamais se toucher, sous peine de voir Chuck mourir pour de bon. Tragique !

De la poésie à l’état pur

Sauf que… “Pushing Daisies” est tout sauf dramatique. Légère, amusante, ironique, l’émission n’a rien de déprimant, que du contraire. L’humour noir contraste avec les décors colorés et kitch à souhait. Une voix off, sorte de narrateur omnipotent, ajoute un côté complètement déjanté à la série. Et même si certains cadavres sont repoussants, l’impression générale reste celle d’avoir contemplé pendant quarante minutes une pièce montée de plusieurs étages. Un véritable dessert ! Lancé en 2007 par Bryan Fuller (voir encadré), “Pushing Daisies” a d’ailleurs charmé le public, à ses débuts. Le programme n’a pourtant duré que deux saisons. Après une vingtaine d’épisodes acclamés par la critique et récompensés à de nombreuses reprises, les spectateurs ont semblé au bord de l’indigestion. Plus de la moitié des fans de la première heure ont abandonné “Pushing Daisies”. ABC a alors annulé la série, malgré les 57 nominations et les 18 trophées (dont sept Emmy Awards) qu’elle lui avait rapportée. Sans doute cette seconde saison n’était-elle pas à la hauteur des espérances de certains. L’originalité de la série, qui avait séduit un temps, ne captivait plus. Pourtant, les scénaristes avaient réussi à relancer l’intrigue, en y ajoutant de nouveaux éléments. Ainsi, Olive (la jolie serveuse du restaurant de Ned) partait dans un couvent proche de celui de “La mélodie du bonheur”. Les spectateurs en apprenaient plus sur la mère de Chuck, celle qui s’était toujours fait passer pour sa tante Lily et sur la fille d’Emerson. Enfin, le père de Ned faisait sa réapparition. Les producteurs avaient même invité des personnalités, telles David Arquette ou Josh Hopkins, à participer au show. Rien n’y a fait. “Pushing Daisies” a été annulé au milieu de sa seconde saison. Seule consolation pour les fans, la série offre tout de même une (rapide) conclusion à l’incroyable histoire du pâtissier amoureux d’une morte vivante…