Le phénomène Glee n’est plus uniquement télévisuel. Les petits chanteurs sont partout. Pour le meilleur… et pour le pire !

© FOX

Depuis ses débuts, en mai 2009, “Glee” fait parler d’elle. La série, lancée par Ryan Murphy (également créateur de “Nip/Tuck”) est devenue, en moins de deux ans, un phénomène mondial. Voir toutes les photos de Glee. Pas parce que les audiences du show sont extraordinaires. Le programme rassemble entre dix et douze millions de téléspectateurs, aux USA. Ces chiffres sont appréciables, certes, mais pas hors du commun. À titre de comparaison, “NCIS” rassemble chaque semaine près du double de fidèles. Plus que les intrigues amusantes et les personnages attachants, ce sont les reprises musicales qui font de “Glee” une réussite planétaire. Le “pilote” de la série a permis de remettre au goût du jour “Don’t stop Believin” des Journey. La chanson a été une nouvelle fois classée dans les charts du monde entier. Elle a longtemps été la musique la plus téléchargée sur iTunes. Ce premier succès en présageait beaucoup d’autres. Des tubes de Britney Spears, Michaël Jackson, Lady Gaga, Madonna, Kiss, Aretha Franklin, ou encore des Rolling Stones, ont suivi. Les albums, compiles de plusieurs épisodes, sont d’énormes succès commerciaux. Plus d’une centaine de chansons (113, pour être précis), reprises de la série, se sont classées dans le Billboard 100, le fameux classement des meilleures ventes des singles américains. La série a ainsi dépassé des monstres de la chanson, tels Elvis Presley ou les Beatles. Les concerts que donnent les jeunes chanteurs sont sold out. Et dire que la série ne compte qu’une trentaine d’épisodes… où sera-t-elle dans quelques années ?

Grandeur…

Un tel succès attire forcément du monde. Les stars, tout d’abord, qui se battent pour apparaître dans le show. Gwyneth Paltrow a tourné plusieurs épisodes du show. Javier Bardem et Cameron Diaz rêvent de faire pareil. Quand aux chanteurs, ils apparaissent dans la série (comme Britney Spears ou Olivia Newton John) ou insistent pour que leur musique y soit mise à l’honneur (comme Lady Gaga, Madonna ou Paul Mc Cartney) Le monde du marketing a tout de suite vu en “Glee” une poule aux œufs d’or, capable de faire acheter n’importe quoi ou presque aux adolescents. Après les jeux vidéos musicaux, dérivés logiques, sont apparus des produits plus surprenants. Les fans peuvent ainsi se procurer des vernis à ongles, des sacs, ou encore des partitions musicales à l’effigie de leur série fétiche. Les aventures des étudiants de la “McKinley High School” sont compilées dans des livres. Très prochainement, les plus accros trouveront même des vêtements griffés “Glee”. L’air de rien, la série représente des millions de dollars en produit dérivés. Véritable bijou commercial, le programme est également acclamé par les critiques. Il collectionne les trophées et les acteurs du show sont en passe de devenir de véritables stars. “Glee” va bientôt proposer un épisode comprenant des morceaux inédits. Max Martin, qui a travaillé avec Pink ou Britney Spears, s’est chargé de composer ce que les producteurs espèrent devenir des tubes mondiaux. Reconnaissance ultime, la série a été diffusée juste après la finale du Super Bowl. Tout programme diffusé à la suite de l’événement le plus suivi de l’année, aux USA, s’assure une audience record. L’épisode “The Sue Sylvester Shuffle” a rassemblé en moyenne 26,7 millions de téléspectateurs. La Fox, productrice de la série, peut se frotter les mains…

Et décadence

Un tel phénomène ne pouvait rester sans détracteurs. Les acteurs sont étroitement surveillés par les associations de parents inquiets de l’impact de “Glee” sur leurs enfants. Le programme se doit d’être un exemple pour les jeunes. Seul bémol, Ryan Murphy ne voit pas sa création de cette manière. Il ne se prive pas de glisser de parler drogue, alcool et sexe. Le réalisateur use d’ironie et d’autodérision dans chacune de ses scènes. Pas question pour lui de proposer un programme éducatif. Et si le papa de “Nip/Tuck” veut faire dans la provocation, il ne se prive pas. Certains s’étranglent d’ailleurs devant la tenue des personnages du programme. Il y a quelques mois, trois acteurs du show (Lea Michele, Dianna Agron et Corey Monteith) ont eu l’audace de poser en petites tenues pour le magazine “GQ”. Scandale ! Les plus choqués ont parlé d’images encourageant la pédopornographie. Du délire, surtout lorsqu’on sait que les comédiens sont tous trois âgés d’au moins 23 ans. Devant la virulence des réactions, Dianna Agron fait son mea culpa. Elle a présenté ses excuses au public et juré qu’on ne l’y prendrait plus. Ses deux camarades ont préféré assumer, arguant qu’ils étaient majeurs et qu’ils n’étaient pas sommés de se comporter comme leurs personnages le devraient. Lea Michele a d’ailleurs fait la couverture du Cosmopolitan en soutien-gorge, quelques semaines plus tard. Pas question pour les héros de “Glee” de céder sous la pression de parents hystériques. Un avis qui partage son créateur. Tant mieux. Le jour où la série deviendra consensuelle et lisse, elle n’aura plus de raison d’être…