La nouvelle série de France 2 s’intéresse aux “jeunes d’aujourd’hui” et à leurs parents. Une fiction parfois caricaturale.

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Nous avons tous des souvenirs différents de notre adolescence. Pour certains, elle représente un âge d’or, où l’innocence de la jeunesse rend tout possible. Pour d’autres, c’est une période de complexes et de déprime. Pour la plupart, elle se situe quelque part entre ces deux extrêmes. Beaucoup s’accorderont à dire que c’est une époque où la communication avec ses parents n’était pas optimale. C’est sur cette assertion que se base “Clash” . La série de France 2 se penche sur les déboires quotidiens d’un groupe de jeunes et de leurs parents. Composée de six épisodes (chacun s’intéresse à une famille différente), la fiction part du principe que, si les parents semblent avoir bien du mal à comprendre leurs adolescents, ces derniers ignorent totalement ce que vivent leurs géniteurs. Les deux générations sont confrontées à des problèmes certes différents mais semblent tout aussi paumés quand il s’agit de les résoudre. Il y a ainsi Robin, le gamin qui ne se lave jamais, dort jusqu’à trois heures de l’après-midi et passe le reste de son temps devant des jeux vidéos. Sa maman joue les psychologues de bazar pour comprendre ce comportement. Olivia tombe amoureuse pour la première fois et ne supporte pas que sa mère refasse sa vie. Hugo, le cancre de service, souffre des ambitions de son père, lui-même en recherche maladive de reconnaissance sociale. Et ainsi de suite pour Dylan, Kelly, Cassius et Emilie.

Le danger de la caricature
“Clash” est présenté comme une série en phase avec la nouvelle génération d’adolescents et de parents. On en veut pour preuve son générique, signé Placebo. Riche d’un casting prestigieux, notamment constitué de Cristiana Reali (Yasmin, la mère d’Olivia), de Laure Marsac (la mère de Robin) ou encore de Christine Citti (la mère de Dylan), la fiction se veut moderne et réaliste. Peut-être avons-nous biaisé les souvenirs de notre propre adolescence ou sommes-nous devenus hermétiques à la nouvelle génération, mais la profusion de “trop pas” et de mots anglais dans les dialogues nous fait douter de l’exactitude de la reconstitution. Les parents sont hystériques à l’extrême et les adolescents traversent des situations vues et revues. Les scènes de sexe se veulent “trash” mais on est plus en présence d’un Disney pour plus grands que devant “9 semaines 1/2”. Difficile, dès lors, de parler de portrait réaliste ou de révolution télévisuelle. Si certains adultes auront l’impression de reconnaître les adolescents qu’ils croisent de très loin, les plus jeunes pourraient ne pas se sentir concernés. “Clash” est donc une sympathique série, qui amusera sans doute par son côté un peu caricatural. De là à parler d’incontournable…
“Clash”, deux épisodes, 20h35, France 2.