Dans “Veep”, Julia Louis-Dreyfus se glisse dans la peau de la vice-présidente américaine Selina Meyer. Une incursion dans le monde politique, à quelques mois des élections présidentielles…

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Selina Meyer (Julia Louis-Dreyfus, voir notre encadré) avait tout pour devenir la première femme président des USA. Elle est brillante, jolie, respectable. Tous les sondages le disaient : la brune allait accéder à la Maison-Blanche. Pourtant, c’est dans un bureau de moindre importance et dans un rôle bien moins prestigieux que les spectateurs rencontrent Selina. Elle a perdu les élections et est devenue vice-présidente des USA (“veep”, en anglais). Un poste que cette récente divorcée a obtenu plus pour sa popularité que pour sa relation privilégiée avec le Président. D’ailleurs, l’homme le plus puissant du pays ne rend pas la vie facile à sa collègue… À quelques mois des élections présidentielles américaines (elles auront lieu le 6 novembre de cette année), HBO a lancé “Veep”, une série grinçante sur les coulisses de la politique américaine. La chaîne câblée, souvent synonyme de qualité, s’attaque – avec humour mais sans concession – aux rouages d’un système surprenant. Car, voyez-vous, pour survivre dans la politique américaine (et sans doute partout ailleurs) il ne suffit pas d’être compétent. Il faut du bagou, des amis hauts placés et un comportement irréprochable. Pour éviter tout faux pas, Selina est entourée d’une équipe de professionnels. Amy (Anna Chlumsky) chapeaute un staff notamment composé de l’homme à tout faire Gary (Tony Hale), de deux chargés de communication. Le premier, Mike (Matt Walsh) est un homme droit tandis que son adjoint Dan (Reid Scott) n’hésite pas à mentir si nécessaire. Le “team” doit gérer des situations farfelues mais qui s’avèrent périlleuses. Saviez-vous, par exemple, que remplacer les couverts en plastique par leurs équivalents en bois pouvait froisser l’industrie du pétrole ? Ou qu’il fallait une organisation chronométrée pour signer la carte de condoléances d’un pervers notoire. Sans compter que certains mots sont à bannir des discours. Et qu’un dérapage aussi ténu soit-il, coûte la une des journaux, des heures d’excuses, voire son poste.

Déjà un succès
Deux semaines seulement après ses débuts sur HBO, “Veep” a déjà conquis la critique. Inspiré de la série anglaise “The Thick of It” (Armando Iannucci est d’ailleurs réalisateur et scénariste des deux fictions), le programme a été acclamé par nos collègues américains. La presse trouve “Veep” extrêmement drôle et inspiré. Elle acclame également le scénario et la finesse des dialogues. Enfin, le casting est porté aux nues. Tout cela annonce un triomphe aux Grammy et autres Emmy Awards. Seule inquiétude de la part des médias : le débit des dialogues est très rapide. Ce style a tendance à faire fuir les spectateurs. Mais, en tant que chaîne câblée, HBO est bien moins tributaire des audiences que ses homologues nationales. “Veep” a d’ailleurs déjà été prolongée pour une seconde saison. Les premiers épisodes méritent en effet le détour. Les optimistes comparent d’ailleurs déjà “Veep” à “À la Maison-Blanche”, cette série politique avec Martin Sheen qui avait brillé sept saisons durant !