Les “Experts” ont entamé leur dernière saison sur RTL-TVI. Pourquoi cette annulation? Eva LaRue nous a répondu lors de son passage au festival de télévision de Monte- Carlo.

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Chaleureuse, souriante, Eva LaRue s’assied en s’exclamant. « C’est le jour du café. J’enchaîne les interviews ! » Loin de désespérer l’actrice, cette idée semble la ravir. L’actrice, qui a incarné l’inspecteur Natalia Boa Vista dans “Les Experts : Miami” durant sept années, semble de très bonne humeur. Pourtant, elle a appris l’annulation de la série il y a moins d’un mois. Interview.
Comment vivez-vous l’annulation des “Experts : Miami” ?

Je suis déçue, évidemment. Vous savez ce qu’il y a de plus triste ? On a terminé de tourner la série en févier. Mais on n’a appris son annulation qu’il y a trois semaines. On ignorait donc que notre dernier jour sur le plateau était le dernier. Après dix ans, on n’a pas eu la chance de se dire au revoir. Il n’y a pas eu de vrai fin. Évidemment, on s’est précipités sur nos téléphones, on s’est envoyé des SMS de manière frénétique ! Mais ce n’était pas pareil. Nous avons d’ailleurs prévu un barbecue d’adieu. Cela dit, je n’ai aucun regret. Cette émission représente sept ans de ma vie et j’ai profité de chaque instant.

Cet arrêt est une surprise…

Absolument. On savait tous que les audiences américaines étaient moins bonnes. Mais nous continuions à être l’un des programmes les plus populaires partout dans le monde. Et puis, très honnêtement, même si nous nous savions en danger, nous pensions qu’ils n’annuleraient qu’une seule franchise des “Experts”. Les rumeurs parlaient plutôt des “Experts : Manhattan”. La chaîne nous a dit que c’était une question de diffusion. “Les Experts : Miami” est diffusé le samedi soir. Or, c’est le pire des créneaux. Nous étions presque systématiquement en concurrence avec le championnat de football (américain ndlr). C’est l’explication qu’on nous a donnée, en tout cas…

Les scénaristes n’ont pas eu l’occasion d’offrir une véritable fin au programme. Sans trop en révéler sur le contenu du dernier épisode, êtes-vous satisfaite de vos adieux ?

Au départ, je n’étais pas sûre. Ma première réaction a été de me dire : « On ne l’a pas terminé ! » J’ai pensé : « Ce n’était pas assez gros, assez extraordinaire. Ce n’était pas comme ça qu’on voulait s’en aller, ça craint ! » Et puis j’y ai réfléchi et je me suis dit que ce n’était pas plus mal. Cela terminait de manière douce, sans grande explosion. C’est juste la fin d’un autre jour. C’est tout aussi sympathique…

Les couleurs des “Experts : Miami” sont très particulières. Sont-elles ajoutées après le tournage ?

Les couleurs rougeâtres et orangées sont magnifiques, n’est ce pas ? Le coucher de soleil est superbe, le ciel est très bleu. Ce sont des ajouts faits en postproduction. Ça pose juste un problème : je ressemble à un Oompa Loompa (une créature orangée de “Charlie et la chocolaterie”, ndlr). Un être humain complètement orange (rires). Un jour, le producteur exécutif de la série a appelé notre maquilleur pour lui dire : « Tu dois demander à Eva d’arrêter le spray autobronzant. Elle est tellement orange à l’écran. » J’ai répondu : « Impossible, je ne mets pas d’autobronzant, je suis portoricaine. » (Rires). Donc ça a aussi des mauvais côtés…

Vous avez joué quatre ans dans le soap opera “All my Children” (“La force du destin”). Le feuilleton a récemment été annulé…

Vous savez, cela a été très étrange. Je ne joue plus dedans depuis des années, mais cette annulation m’a fait beaucoup plus de mal que la fin des “Experts : Miami”. J’ai commencé à regarder “All my Children” quand j’avais six ans parce que ma mère le regardait. Je l’ai suivi jour après jour pendant des années. J’ai aimé les mêmes personnages pendant des années, des décennies même. Quand j’ai été engagé sur le feuilleton, j’étais encore toute jeune. Durant mes années sur cette série, je me suis mariée, j’ai eu ma fille. Et j’ai développé des amitiés durables. Quand j’ai appris la fin du show, j’ai eu d’anciens collègues au téléphone. On a sangloté ensemble pendant des heures ! On a encore pleuré lors du tournage du dernier épisode, dans lequel mon personnage revenait pour l’occasion…

Si vous deviez décrire David Caruso…

C’est un homme passionné… par les “Experts : Miami”, notamment. Il est aussi très drôle. Je sais qu’il ne fait pas l’unanimité. Les gens l’adorent ou le détestent. Ceux qui l’apprécient sont souvent des inconditionnels. Par le biais de son personnage d’Horatio Caine, David représente une sorte de héros des temps modernes. Même si Horatio ne court pas partout en sautant dans tous les sens, les spectateurs l’identifiaient comme celui qui allait sauver la situation. Et risquer sa vie pour y arriver. Horatio Caine est devenu une caricature. Mais c’est ce que les gens aimaient.

Si vous pouviez continuer votre carrière dans un des deux autres “Experts”, lequel serait-il ?

En réalité, je rêve de jouer dans un des deux “NCIS”. Ces séries proposent un peu plus de comédie. Et puis, les scénaristes développent davantage les personnages. J’aimerais pouvoir participer à une série policière qui propose ces caractéristiques.

On dit souvent que les gens ont une vision faussée des enquêtes policières à cause de séries comme “Les Experts : Miami”…

Oui, je sais. Je rencontre souvent des policiers qui me disent : « À cause de vous, les gens pensent que c’est facile d’élucider un crime. Et qu’à cinq heures de l’après-midi, le coupable est sous les verrous. » (Rires). Mais j’ai aussi une anecdote complètement différente. Un inspecteur m’a dit qu’un jour, il avait arrêté un homme suspecté de meurtre. Lui et ses collègues étaient persuadés que c’était le coupable. Mais ils n’avaient pas de preuves. En désespoir de cause, ils ont dit au suspect. « Vous connaissez “Les Experts” ? Vous avez vu l’épisode où les héros trouvent le meurtrier grâce à une machine qui est capable d’imprimer la dernière image que la victime a vue ? Figurez-vous qu’on vient de recevoir cette machine. Si on l’utilise sur notre victime, verra-t-on une image de vous ? » Évidemment, une telle machine n’existe pas dans la série. Encore moins dans la réalité. Mais le suspect a voué (rires).