“Person of interest” s’appuie sur la théorie selon laquelle on peut prédire les crimes. Deux anonymes se chargent de changer le cours de l’Histoire. Une série passionnante.

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Le 11 septembre 2001, les Américains regardaient s’effondrer les deux tours du World Trade Center. Impuissants. Ces attentats poussèrent les autorités à s’engager dans une lutte sans merci contre le terrorisme. Pour combattre efficacement “l’axe du mal”, elles employèrent des méthodes pour le moins discutables. Pour ce que le public en sait… Et si la volonté de traquer les “méchants” avait poussé les hauts décisionnaires américains à aller encore plus loin ? Et si les écoutes téléphoniques, les surveillances attentives et les séances de torture n’avaient pas rassuré les plus inquiets ? Dans l’ombre, un scientifique aurait pu inventer une machine extraordinaire, capable de prévoir les actions terroristes en analysant les conversations, les mails et les actions de tous les citoyens du monde. Une sorte de logiciel tout-puissant qui, en combinant des données volées dans la vie privée de tout un chacun, pourrait prédire des futures attaques. C’est sur cette hypothèse conspirationniste que démarre “Person of interest”. John Reese (Jim Caviezel), ancien agent de la CIA devenu sans-abri, est contacté par un certain Harold Finch (Michael Emerson), mystérieux millionnaire aux déclarations étonnantes. Ce dernier affirme avoir conçu une machine capable de fournir une liste de noms de terroristes potentiels… mais pas seulement ! Le logiciel crée une seconde liste, considérée comme sans intérêt. On y trouve l’identité de personnes impliquées d’une manière ou d’une autre dans un crime à venir (victime ou assassin). En contactant ces anonymes, de nombreuses vies pourraient être sauvées. Et, si le gouvernement américain a décidé que ces informations étaient “irrelevantes”, ce n’est pas le cas de Harold Finch, qui persuade John Reese de le seconder dans sa mission personnelle : empêcher le pire. Chaque jour, la machine fournit un numéro de sécurité sociale. La personne à qui il appartient devient le centre d’intérêt (d’où le titre de la série) des deux compères. Discrètement, ils tentent de comprendre ce qui va se produire. Ils n’ont souvent que quelques heures pour déterminer s’ils ont affaire à la future victime ou au bourreau en devenir. La différence n’est pas toujours aisée à faire…
Sortes de superhéros des temps nouveaux, Harold et John ont en commun avec leurs homologues masqués l’obligation de l’anonymat. Officiellement, le premier n’existe pas. Le second est mort. Si le millionnaire reste discret, ce n’est pas le cas de son “employé”. L’ancien agent Reese est traqué par la police, qui voit dans ce pseudo-justicier un homme violent (il empêche les crimes de manière très musclée) et dangereux. Les deux hommes cachent également un passé douloureux, que les spectateurs découvriront au fur et à mesure.

Un public conquis
Les nouveaux succès sont rares en matière de séries américaines. “Person of interest” fait partie des exceptions. La première saison de la série a déjà fait l’unanimité aux USA. Chacun des 24 premiers épisodes du programme a rassemblé près de 14 millions de téléspectateurs devant le petit écran (avec des épisodes à 15 millions). À titre de comparaison, “Les Experts” peinent aujourd’hui à convaincre 12 millions de passionnés. “Person of interest” est l’une des (seules) nouvelles valeurs sûres de la fiction télévisée. Les chaînes du monde entier se sont arraché les droits de diffusion du petit bijou. En Belgique francophone, c’est la Une qui diffusera la première saison de “Person of interest” alors que la deuxième débutera aux USA fin septembre. La RTBF s’attend, on s’en doute, à un succès d’audience. Cela devrait être le cas. À moins que… Le 11 septembre, les théories conspirationnistes et les justiciers anonymes sont des thèmes extrêmement porteurs de l’autre côté de l’Atlantique, mais le public belge pourrait y adhérer plus difficilement. Cela dit, un héros mystérieux, torturé et pro du combat sous toutes ses formes, ça marche dans toutes les langues…

“Person of interest”, deux épisodes le mardi, 20h00, la Une.