Depuis près de 20 ans, Richard Belzer interprète John Munch dans “New York  : Unité Spéciale”. Rencontre avec un acteur qui baigne dans l’horreur de scripts traumatisants…

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Quand il entre dans une pièce, on n’entend que lui. Il chante, il danse, s’essaye au français. Richard Belzer aime faire rire. C’est pourtant sous les traits d’un personnage très sérieux, celui de John Munch (pour le moment dans New York : Unité Spéciale) que l’acteur s’est fait connaître. Rencontre.
Vous incarnez l’inspecteur John Munch depuis de nombreuses années. Vous devez le connaître par cœur !

C’est un personnage très intéressant. Au départ, c’était une sorte de hippie. Il défiait l’autorité, n’approuvait pas les actes du gouvernement… C’est un théoricien de la conspiration, toujours à la recherche d’un complot. En réalité, même s’il a mûri, Munch n’a pas tellement changé. En tant qu’acteur, il est fascinant d’incarner quelqu’un qui critique violemment l’autorité mais qui, en même temps, en fait partie. J’adore ce rôle.
C’est un personnage que vous avez incarné dans onze séries, dont “New York : Unité Spéciale”. N’êtes-vous pas lassé ?

Cette année, cela fera 20 ans que je joue John Munch. Mais je ne suis pas blasé du tout. Au départ, mon personnage ne devait participer qu’à “Homicide”. Puis il a été transféré de série en série. J’ai eu la chance de travailler avec des personnes de talent. Les scripts sont toujours passionnants et mes collègues deviennent rapidement des amis. Dans ces conditions, je ne peux que me réjouir de ma situation…
L’équipe de “New York : Unité Spéciale” a totalement changé, l’année passée. Comment se passe la collaboration ?

Nous étions tous tristes de voir partir Chris (Christopher Meloni, qui incarnait l’inspecteur Stabler, ndlr). C’est un acteur de talent et quelqu’un d’extrêmement gentil. Mais les “petits nouveaux” se sont très vite intégrés. J’ai tout de suite sympathisé avec Danny Pino (Nick Amaro) et Kelli Giddish (Amanda Rollins). Je les considère aujourd’hui comme faisant partie de ma famille. Ce genre de complicité peut s’installer après des années ou, au contraire, beaucoup plus rapidement. Dans ce cas-ci, cela a été quasiment instantané.
Vous travaillez dans “New York : Unité Spéciale”, une série qui décrit des crimes particulièrement horribles : viols, abus sur mineurs… Cela a un côté traumatisant ?

Je ne vous cache pas qu’il est difficile de ne pas penser à l’horreur des scripts, quand on rentre chez nous. Car, même si “New York” est une fiction, c’est aussi une série réaliste. Beaucoup d’associations de victimes se servent d’ailleurs de la série pour illustrer leurs cas. Je pense que nous avons une responsabilité envers ces victimes : celle de décrire fidèlement mais avec respect leur souffrance. Mariska (Hargitay, alias l’inspecteur Benson) a également fondé une organisation d’aide aux victimes d’agression sexuelles. Nous y sommes tous très impliqués.

“New York : Unité Spéciale”, mercredi, 23h25, RTL-TVI et le lundi, trois épisodes, 22h35, TF1.