Grâce à Alcatraz, J.J. Abrams renoue avec le thriller surnaturel. Une série entre Lostet les 4400. **

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J.J. Abrams est à la télévision ce que Steven Spielberg est au cinéma. Lorsque le créateur de Felicity, Alias, Lost, Fringe ou du récent Revolutionse lance dans une nouvelle aventure, c’est toujours un événement. D’où la curiosité mondiale qui a entouré la sortie d’Alactraz, début 2012. La série, que beaucoup désignaient comme l digne successeur de Lost, avait un atout majeur: l’action tournait autour de la prison mythique d’Alcatraz.
Selon le scénario, la fermeture de la bâtisse, en 1963, reste entourée d’un mystère. Contrairement à ce qui a été affirmé au public, soit les prisonniers ont été transférés dans d’autres établissements carcéraux, soit les 256 condamnés et leurs 46 gardiens se sont tout simplement évaporés après une terrible tempête. Aucun d’entre eux n’a jamais donné signe de vie. Jusqu’en ce début de XXIe siècle où les disparus refont surface un peu partout dans le pays! Physiquement, ils n’ont pas changé depuis les années 60. Psychologiquement, ils sont aussi les mêmes si ce n’est qu’ils sont perturbés par leur réveildans le futur… et qu’ils sont libres de leurs mouvements. Certains représentent donc un véritable danger pour la population. Le lieutenant Rebecca Madsen (Sarah Jones), récemment traumatisée par le décès de son partenaire, se retrouve mêlée à ce mystère lorsqu’elle découvre que son grand-père était incarcéré à Alcatraz. Elle s’associe au docteur Diego Soto (Jorge Garcia, l’un des héros de Lost), spécialiste d’Alcatraz, et demande de l’aide à son grand-oncle, ancien geôlier de la même prison, afin de retrouver les fugitifs. Dans l’ombre, le duo est aidé (ou est abusé?) par Emerson Hauser (Sam Neil) et son assistante Lucy Banerjee (Parminder Nagra, de Urgences). Ces derniers en savent visiblement beaucoup sur les tenants et aboutissants de l’énigme et semblent avoir leur propre agenda par rapport à ces retours inexpliqués…
Brillant… sur papier!
Écrit par J.J. Abrams et doté d’un scénario fascinant, Alcatrazpossédait des atouts de poids dans le but de conquérir les spectateurs. Au point de vue du casting pour commencer. La production s’était entourée d’acteurs confirmés, tel Sam Neil, de célébrités télévisuelles, tels Parminder Nagra et Jorge Garcia, et avait décidé de lancer une fraîche inconnue en la personne de la jolie Sarah Jones. J.J. Abrams a en effet pour habitude de choisir des actrices méconnues à Hollywood et de leur attribuer les rôles titres de ses fictions. Il a ainsi donné leur chance à Jennifer Gardner (Alias), Evangeline Lilly (Lost), Keri Russell (Felicity) ou encore Anna Torv (Fringe). Des personnalités qui, par la suite, ont fait l’objet d’une attention médiatique impressionnante. Sarah Jones possédait les qualités nécessaires pour devenir la nouvelle coqueluche de la presse.
La narration de l’intrigue était également des plus séduisantes. Chaque épisode se penche sur l’un des prisonniers et, grâce à des flash-back, s’intéresse à la vie de celui-ci il y a un demi-siècle. La série mêle donc présent et passé dans un décor exceptionnel: la prison d’Alcatraz (du moins une réplique plus ou moins réaliste).
L’ensemble aurait dû attirer les foules. Pourtant, cette fiction phare n’aura duré que 13 épisodes. Les audiences américaines d’Alcatrazn’ont jamais atteint les chiffres attendus. Pire, elles s’effondraient chaque semaine un peu plus. Cet échec s’explique sans doute par la lassitude du public envers un genre d’intrigue qui n’a plus rien d’original. La série ne s’est pas distinguée au milieu de la rude concurrence du marché d’outre-Atlantique. Il n’empêche, elle n’a rien à envier à certaines productions qui envahissent le petit écran belge depuis de trop longues années. Alcatraz, de bonne qualité sans être bouleversant, a l’avantage de la nouveauté.

Alcatraz, mardi 15 janvier, deux épisodes, 20h20, la Une.