“Odysseus”, fresque romanesque en douze épisodes, est une adaptation des aventures d’Ulysse, Pénélope et Télémaque. Un pari audacieux pour Arte.

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Huit siècles avant J.-C, sur l’île d’Ithaque. Dix ans après la fin de la guerre de Troie, les habitants attendent toujours le retour de leur roi, Ulysse (Alessio Boni). Après avoir été l’un des héros de la victoire grecque, l’époux de Pénélope (Caterina Murino) a pris la mer pour rentrer chez lui. Un voyage qui s’éternise à tel point que beaucoup pensent l’instigateur de la ruse du cheval de Troie décédé. Les prétendants au trône, Léocrite (qui a combattu aux côtés d’Ulysse, Bruno Todeschini) en tête, se font de plus en plus pressants et somment Pénélope, reine d’Ithaque, d’épouser un nouveau roi. Mais la souveraine, persuadée que le retour de son mari est imminent (elle le répète depuis 20 ans, on comprend qu’elle ait perdu un peu de crédibilité), n’a qu’un but : préserver le pouvoir pour Ulysse en protégeant son fils Télémaque (Niels Schneider). Couvé par sa mère depuis 20 ans, le jeune homme n’est pas franchement le guerrier qu’Ulysse espérait retrouver à son retour. Seul Mentor (Joseph Malerba), le plus ancien ami du Roi, reste fidèle à la famille. La tension se fait de plus en plus vive et le coup d’état n’est pas loin. Heureusement, un homme s’échoue sur le sable grec. Ulysse est de retour et a l’intention de rétablir l’ordre. Mais, même si tous avaient rêvé de cet instant, rien ne sera simple…
Une version réaliste et crédible
Dans son “Odyssée” Homère a oublié de préciser que rentrer chez soi après 20 années d’absence (dix ans de guerre et dix ans d’errance) n’est pas aisé. Ulysse, fragilisé par ses aventures et la perte de ses compagnons d’armes, ne reconnaît plus les siens. Il ne les comprend pas, ignore en qui conserver sa confiance. Et si Pénélope avait été infidèle ? Et si Télémaque était prêt à trahir sa patrie ? Plus que les aventures d’Ulysse, la fresque “Odysseus” traite de l’“après”. La série se veut réaliste (il ne sera donc pas question de monstres marins) et aussi historiquement crédible que possible. Les scénaristes se sont très librement inspirés de “L’Odyssée” d’Homère, prenant énormément de liberté par rapport à l’œuvre originale (on vous rassure, on est également très loin de l’“Ulysse 31 des Minikeums”, pour ceux qui ont un vague souvenir du dessin animé). Les créateurs ont mis un point d’honneur à reconstituer un décor et des costumes (tissés mains) fidèles à l’Antiquité grecque. Tournée durant six mois au Portugal, la fiction a exigé plus de 4.200 mètres carrés de décors et le travail d’une centaine de techniciens. Autant dire qu’Arte a misé gros sur “Odysseus” qui n’a rien à envier à d’autres séries historiques. La production est certes plus familiale que “Les Tudor”, moins sanglante que “Spartacus” et moins orgiaque que “Rome”. Elle ne permettra pas de (re)potasser “L’Odyssée” mais offre une magnifique fresque et un très agréable divertissement. À voir…

“Odysseus”, trois épisodes tous les jeudis, 20h50, Arte.