La série de France 2 revient ce mercredi 

Une partie du casting de "Dix pour cent". @Reporters.

Une partie du casting de “Dix pour cent”. @Reporters.

Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette (joués par Camille Cottin, Thibault de Montalembert, Grégory Montel et Liliane Rovère) sont toujours agents de stars dans l’agence ASK. Au quotidien, ils gèrent les contrats des acteurs. Mais pas seulement. Véritables nounous, ils sont aussi amenés à régler les problèmes de couple de l’un, les coups bas du métier ou à remonter le moral d’une comédienne déprimée. Pour cette deuxième saison, une pléiade de stars ont une nouvelle fois accepté de jouer leur propre rôle dans la série. Virginie Efira, Isabelle Adjani ou encore Juliette Binoche sont au casting de la deuxième saison de Dix pour cent. Fanny Herrero, créatrice et scénariste de la série, nous parle de ces six nouveaux épisodes.

À quoi peuvent s’attendre les téléspectateurs?
Il y a une vraie continuité par rapport à la première saison. Nous n’avons que six épisodes, donc il ne s’agit pas de renouveler complètement le genre. On ouvre à nouveau les portes de l’agence. Nous avons essayé de rester fidèles au niveau du ton ou des personnages.

La première saison a été un franc succès. Avez-vous ressenti plus ou moins de pression à l’écriture de ce deuxième chapitre?
J’ai toujours beaucoup de pression. Quand on a déjà séduit le public, il ne faut pas le décevoir. Il fallait garder un même niveau d’exigences tant en termes de comédie que d’émotion. Mais ce succès nous a donné beaucoup de force et de confiance en nous. Au départ, nous avions la frousse car nous savions que c’était une série atypique. La chaîne craignait que ces histoires de personnalités du cinéma qui évoluent à Paris n’intéressent pas beaucoup le public hors de la capitale. Quand s’est rendu compte que le concept prenait, on s’est permis d’élargir nos thématiques.

Quels ont été les retours du monde du cinéma?
Généralement assez élogieux! C’est vraiment la télévision qui regarde le cinéma. La télévision a souvent été le cousin mal aimé du cinéma, mais Dix pour cent a un peu balayé cette idée-là. J’ai eu des retours assez positifs. Nous n’avons pas choisi un traitement caustique ou extrêmement cynique. Nous ne nous attardons pas sur les bassesses des personnages même si nous parlons inévitablement de certains coups bas. Les gens restent assez dignes dans la série, les personnages gardent leur grandeur. Nous voulions aussi parler de la beauté de ce métier. J’ai croisé un producteur et il m’a dit que grâce à la série, son regard sur les agents avait changé! «J’ai plus de tendresse pour eux», a-t-il dit. Ce n’était pas le but mais j’ai été amusée par ce commentaire.

En tant que scénariste, connaissez-vous maintenant tous les secrets du cinéma?
J’en connais pas mal! Même si je travaille pour la télévision, il y a pas mal de passerelles entre les deux. J’observe beaucoup de choses et avoir les oreilles qui traînent partout, cela m’aide pour Dix pour cent. Tout ce que j’entends, j’essaie toujours d’en faire quelque chose. Ce qui est amusant, c’est que Dix pour cent nourrit elle-même Dix pour cent ! Il y a certaines histoires des coulisses de la première saison que nous avons utilisées pour la deuxième saison. Les comédiens de la série nous racontent également ce qui se passe parfois avec leur agent.

Certaines histoires sont-elles inracontables? Des secrets inavouables que vous n’oseriez pas mettre dans la série?
Oui, nous avons quand même une certaine dignité. Il y a des événements qui sont de l’ordre de l’intimité. Et puis nous naviguons dans le registre de la comédie, donc il y a des thèmes que nous excluons comme le deuil. Nous n’allons pas non plus traiter d’un acteur qui plonge dans la drogue. Nous ne nous aventurons donc pas dans tout ce qui est tragique, même si cela pourrait faire de belles histoires. Nous essayons de garder une certaine légèreté. Mais cela ne nous empêche pas non plus d’amener un peu de gravité. Dans l’épisode avec Guy Marchand, il commence à avoir des troubles de mémoire. Dans la troisième saison, nous envisageons de parler d’un acteur qui aurait des difficultés à sortir d’un rôle très intense, de son retour au réel.

Quelle est la part de réel dans la série?
Dominique Besnehard aime dire que tout est vrai! Je suis un peu moins catégorique. Disons qu’il y a toujours une part de vérité dans ce que l’on montre. Nous partons toujours d’une anecdote, d’une situation ou d’une réplique qui est vraie. Nous transformons ensuite ce point de départ en le scénarisant. Nous faisons de la comédie, donc nous allons parfois un cran au-dessus de la réalité.

Certaines stars avaient refusé de jouer dans la première saison…
Oui et maintenant, des acteurs qui avaient dit non se sont manifestés après avoir vu la première saison pour faire partie de la deuxième! Mais certains avaient refusé pour des raisons compréhensibles. Nous avions contacté Virginie Efira pour qu’elle joue dans la première saison, dans le quatrième épisode, celui finalement interprété par Audrey Fleurot. L’épisode parle d’une jeune maman qui a des difficultés à s’en sortir. Virginie venait d’avoir un bébé, elle nous a dit qu’elle aimait beaucoup notre série mais qu’elle ne sentait pas cet épisode. Je pense qu’elle n’avait pas envie de mettre en scène quelque chose d’assez réel, de sa vraie vie, à ce moment-là. Mais elle nous avait précisé: «Pourquoi pas une autre fois?» Et finalement, elle est au générique du premier épisode de la deuxième saison. Il y a aussi d’autres acteurs qui se sont manifestés spontanément; nous les avons rencontrés pour envisager une future collaboration.

La troisième saison est-elle déjà sur les rails!
Oui, nous avons d’ailleurs déjà écrit les arches de la saison 3, ce qui va arriver à nos personnages récurrents. Depuis un mois, nous travaillons sur les deux premiers épisodes et le détail des intrigues. On commence toujours par imaginer ce qui va arriver à nos agents et leurs assistants et l’on greffe dessus les intrigues des guest stars.

Avez-vous déjà des noms de stars pour ce troisième volet?
Bien sûr, mais il ne faut surtout pas trop en parler! Nous essayons de nous protéger en ne fantasmant pas trop sur tel ou tel acteur en écrivant le rôle, sinon l’on risque ensuite d’être déçus ou bloqués dans l’écriture si cette personne n’est pas disponible ou intéressée. Il ne faut pas que ce nous écrivions soit du sur-mesure qui nous bloque pour le casting.