L’actrice tient le rôle principal dans la série “Tandem”

Astrid Veillon a débuté sa carrière en 1991. @RTBF

Astrid Veillon a débuté sa carrière en 1991. @RTBF

Testés l’an dernier auprès des téléspectateurs, les deux épisodes pilotes de la série Tandem ont rencontré un franc succès. Astrid Veillon et Stéphane Blancafort – qui jouent le commandant Léa Soler et le capitaine Paul Marchal – reviennent pour de nouvelles aventures. Le duo de flics divorcés va devoir résoudre diverses enquêtes. Diffusée sur la RTBF et France 3, la série a été reconduite pour une troisième saison

Les deux épisodes pilotes de Tandem ont été diffusés en 2016. Pouvez-vous rappeler aux téléspectateurs la teneur de la série?

Le commandant Soler obtient une mutation à Montpellier et elle va se retrouver dans le commissariat de son ex-mari et père de ses deux adolescents. Léa devient surtout la supérieure de son ex. Tandem met en scène les rapports de ces deux anciens époux sur fond d’enquête policière. Leur métier est prétexte à découvrir les aléas du couple divorcé, des enfants adolescents.

Comment le public a-t-il accueilli les deux premiers épisodes?

Nous avons fait un carton en termes d’audience! Les gens étaient plutôt sous le charme de ce couple. Il y a déjà pas mal de séries policières françaises mais c’est vrai que la nouveauté ici, c’est de mettre le couple en avant. Cela change de ce que l’on a l’habitude de voir. Tandem est joué sur le ton de la comédie, c’est frais, léger. On ne se prend pas la tête, elle fait du bien à l’âme.

Vous soulignez l’abondance de séries policières à la télévision. Avez-vous hésité avant d’accepter le rôle?

Évidemment, c’est toujours le genre de question que l’on se pose, à savoir si cette proposition sort du lot. Après, je ne suis pas dans un plan de carrière, je fonctionne à l’instinct et au feeling. Ce qui m’a plus, c’est le rôle de flic – parce que j’en ai déjà fait quelques-uns – mais surtout le contraste entre cette femme très droite et très professionnelle dans son métier et ce côté débordé et bordélique avec son ex-mari et ses enfants. Elle a un sang-froid extraordinaire lorsqu’elle est sur le terrain mais dès qu’elle rentre à la maison, c’est une autre personne! C’est cela qui m’a réellement intéressée.

Avez-vous des points communs avec Léa?

Je lui apporte beaucoup de moi. Je lui donne mes angoisses et cela me fait beaucoup de bien! Je m’implique énormément dans l’écriture avec les auteurs, donc, forcément, elle a pas mal de mon humeur, un peu noire, un peu sarcastique.

Porter une série sur ses épaules, c’est une sacrée responsabilité!

Surtout que je suis déjà très angoissée de nature, ce n’est pas fait pour m’aider! C’est flippant mais je suis vraiment satisfaite du boulot accompli. Après, que les gens aiment ou n’aiment pas, ce n’est plus trop de mon ressort. Je ressens évidemment de la pression car si ça ne marche pas, on m’associera à quelque chose qui ne fonctionne pas. Mais sans prétention, nous avons vraiment donné le meilleur de nous-mêmes.

Savez-vous déjà s’il y aura une deuxième saison?

Oui, nous commençons déjà les tournages en juin. Je repars en tournage le lendemain de la diffusion du premier épisode en France.

Pourriez-vous, comme Véronique Genest dans Julie Lescaut, incarner le même personnage pendant plus de 20 ans?

Non, cela ne m’intéresse pas. Mais en même temps, c’est super rassurant d’avoir une série, car nous exerçons un métier très aléatoire. Un jour on vous appelle, le lendemain votre téléphone ne sonne plus, un coup on vous aime, un coup on vous critique. Quand on vous propose une série qui marche, on peut miser sur l’idée: «C’est bon, j’ai ma série, je n’en bouge plus.» Mais ce n’est pas du tout dans mon tempérament même si je peux tout à fait comprendre que certains acteurs optent pour une certaine forme de sécurité financière.

La série est tournée à Montpellier, cela change de l’ambiance parisienne…

Et c’est d’autant plus pratique vu que j’habite dans le Sud de la France. Je suis à une heure et demie de voiture de chez moi, je peux donc rentrer à la maison tous les week-ends. Quand on est mère de famille, c’est vraiment agréable de pouvoir se dire que l’on n’est pas trop loin. La ville sert aussi la série car les décors sont vraiment somptueux.

Êtes-vous amatrice de série?

Pas trop en fait, je ne suis pas téléphage du tout. Je ne regarde pas trop la télé en général. Je préfère lire un bon bouquin ou jouer avec mon fils. Mais je me suis malgré tout laissé prendre par Dix pour cent. J’aime bien aussi Le bureau des légendes sur Canal+. Ce sont des séries dans lesquelles j’aurais bien aimé tourner.

Vous avez plus de 25 ans de carrière derrière vous. Comment voyez-vous l’évolution de la fiction française?

Je suis assez mal placée pour vous en parler mais si je dois prêcher pour la chaîne pour laquelle je tourne actuellement, France 3, je trouve qu’elle prend des risques. Ils sont très novateurs et ils se donnent les moyens. Il faut oser.

Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts dans Premiers baisers ou Extrême limite?

Je n’ai fait qu’un épisode dans Premiers baisers, ma carrière a vraiment débuté avec Extrême limite. Je dois beaucoup à cette série car c’est grâce à elle que je suis encore là plus de vingt ans plus tard. Le personnage de Paloma était adoré par les gamines car j’étais un peu rebelle, un peu plus ronde. Elles arrivaient à s’identifier. J’ai donc encore beaucoup de tendresse à l’égard de ce programme. Les gens ont vraiment accroché, ce qui m’amuse parce que je me suis trouvée très mauvaise actrice les rares fois où j’ai regardé à nouveau certains épisodes (rires)!

Quel est le secret pour rester présente dans le paysage de la fiction française pendant plus de deux décennies?

Si j’avais une recette, je la donnerais à tout le monde! Il faut faire les bons choix, mais c’est compliqué. Je dirais qu’il faut alterner les genres, jouer au théâtre, partir, revenir. Ces derniers temps j’ai enchaîné beaucoup de tournages, mais je n’avais pas le rôle principal, du coup les téléspectateurs ne se lassent pas de ma pomme. Et ce sont à chaque fois des rôles fort différents, ce qui peut donner des idées à des réalisateurs qui ne vous imaginaient pas a priori dans tel ou tel registre. Il ne faut pas que l’on vous voie trop, mais il ne faut pas non plus se faire oublier, tout est une question de dosage.