La huitième saison de « Clem » sera bientôt diffusée sur La Une avec au casting Agustin Galiana 
Agustin revient dans le rôle d'Adrian. @Photonews.

Agustin revient dans le rôle d’Adrian. @Photonews.

Vainqueur de la dernière édition de « Danse avec les stars », Agustin Galiana a été révélé au grand public par son rôle d’Adrian dans la série « Clem ». Présent lors du dernier Festival de Télévision de Monte-Carlo, l’acteur espagnol est revenu sur le programme à succès dont la huitième saison débute sur la RTBF. Souriant et détendu, il se confie sur cette fiction dans laquelle il donne notamment la réplique à Victoria Abril et Lucie Lucas, l’interprète de Clem.
Vous tournez une série dans une langue qui n’est pas votre langue maternelle. Ce n’est pas trop déroutant ?
C’est une véritable chance ! Les comédiens ne sont pas les mieux lotis. En Espagne, seul 10% des comédiens professionnels travaillent. Nous sommes nombreux et il y a peu de projets. Donc c’est un véritable miracle d’avoir trouvé un rôle dans un pays comme la France, un pays dont je ne maîtrise pas la langue. Et c’est aussi un vrai challenge. Cela fait parfois peur car je crains de ne pouvoir faire passer les émotions dans une langue qui n’est pas la mienne.
Votre accent espagnol fait partie du personnage mais suivez-vous des cours de diction pour améliorer votre prononciation ?
Cela fait partie de lui mais je dois être compréhensible par tous donc je bosse comme un dingue. Je suis un bosseur de nature. Je suis une petite fourmi qui travaille, travaille. J’ai besoin de beaucoup de temps pour apprendre les textes mais surtout pour le prononcer comme il faut. Dans la vie quotidienne, je fais aussi un travail sur moi pour essayer de parler doucement. Mais cela fait partie de mon tempérament, je suis quelqu’un d’assez tonique! J’essaie de ralentir un peu la cadence et de prendre le temps de réfléchir et de savoir comment prononcer chaque mot. En espagnol, nous n’avons pas les mêmes sonorités. Les « on », « an », ça n’existe pas donc c’est un véritable boulot de diction et d’articulation.
Victoria Abril vous donne-t-elle des conseils?
Oui, énormément. Et je les prends avec plaisir. Victoria est très intelligente et très investie. Cela fait longtemps qu’elle est en France donc elle me guide pour mieux prononcer certains mots mais elle me donne aussi des conseils de jeu. Elle est vraiment très généreuse.
Parlez-vous espagnol entre vous?
Cela arrive! Alors Philippe Lelouch se plaint ! « Et vous, vous deux, arrêtez de parler avec votre dialecte, on ne comprend rien ».
Comment vos parents réagissent suite à votre succès en France?
Ils sont très fiers de moi ! Cela m’attriste énormément que ma grand-mère n’ait pas eu la chance d’assister à mon succès car c’est elle qui m’a imprégnée de cet esprit artistique, qui m’a donné goût au cinéma, avec qui je m’asseyais sur le canapé pour regarder des films. Elle m’a fait regarder les grands classiques du septième art américain avec Ava Garner, Humphrey Bogart. Cela me fait de la peine qu’elle n’ait pas pu voir ce que je suis en train de vivre en France. Ce n’est pas donné à tout le monde qu’un étranger puisse jouer dans une grosse fiction. Il y a également mon père, qui est professeur de français mais qui ne m’a jamais parlé en français, qui se permet maintenant de se moquer de mon accent !
Ressentez-vous une différence entre la télévision espagnole et française ?
La façon de tourner est la même mais on prend peut-être plus de soin en France. Si en Espagne on va tourner dix scènes sur une journée, en France nous n’allons en tourner que six. Cela donne le temps de mieux préparer. Par rapport à la narration des histoires, l’univers espagnol n’a rien à voir avec l’univers français. En Espagne, pour sortir de cette ambiance morose de la crise, les scénarios font beaucoup appel à la fiction. En France, on n’hésite pas à aborder de vrais thèmes de société. C’est un vrai reflet de la société française.
Il se dit que Lucie Lucas pourrait quitter la série « Clem »…
Je ne sais rien sur la suite de la série. C’est vrai que pour Lucie, ce n’est pas toujours facile, on tourne six à huit mois pendant l’année. Elle est maman, elle a une famille et elle a aussi envie de réaliser d’autres projets. Les tournages de « Clem » l’empêchent parfois de faire autre chose. Cette année, elle a dû refuser de faire un film car les dates de tournage ne coïncidaient pas. Mais Lucie adore son rôle et l’équipe. On ne sait pas ce qui se passera l’an prochain.
La série pourrait-elle survivre au départ de Clem ?
Cette fiction est également très centrée sur le rôle de Victoria Abril donc peut-être qu’elle pourrait survivre à son départ. C’est tout ce que j’espère. Lucie n’a pas encore dit qu’elle partait, elle a juste dit qu’elle était fatiguée. Cela fait huit ans qu’elle est dans ce projet, on peut comprendre qu’elle ait envie d’autres choses.
Pourriez-vous incarner pendant huit le rôle d’Adrian ?
Oh oui ! C’est un rôle qui me touche beaucoup. Il m’a permis de faire décoller ma carrière en France. Et je suis aussi attaché au parcours vécu par le personnage que ce soit par rapport à l’abandon ou à la maladie. Ma mère a eu un cancer et cela a été très difficile pour moi de vivre ça. Je trouve que l’histoire vécue par Adrian est très intéressante à jouer.
Est-ce parfois difficile de jouer un personnage malade ?
Oui, c’est très compliqué de se voir en train de mourir. Dire à l’écran « je veux mourir » car on n’est malade et on n’en peut plus, ce n’est pas facile à dire. Rien que d’en parler, j’ai les larmes aux yeux. Il y a des gens qui vivent cette situation pour de vrai et c’est très touchant.