La série angoissante de France 2 réalise de bons scores d’audience

Une ambiance indescriptible règne au chalet... @France2

Une ambiance indescriptible règne au chalet… @France2

«Comptez jusqu’à trois, Messieurs, Mesdames, et l’un de vous disparaîtra. Jamais on ne le reverra…» Une comptine chantée par une voix d’enfant. En arrière-plan, un chalet perdu au milieu de la forêt. C’est le décor planté par France 2 pour sa toute nouvelle série en six épisodes, Le chalet, n’allant pas sans rappeler le principe des Dix petits nègres. Une bande de copains se retrouvent en effet dans cette maison de vacances pour célébrer le mariage de l’un d’entre eux. À peine arrivés, ils se retrouvent coupés du monde suite à l’effondrement du pont menant à ce minuscule village. Un huis clos qui va amener son lot de surprises et d’intrigues. La vie des six habitants de Valmoline et des treize invités de passage va vite se transformer en cauchemar.

Si l’action se déroule en 2017, les téléspectateurs sont également amenés à découvrir la vie de ce village vingt ans plus tôt. À cette époque, une famille était venue s’installer au chalet le temps d’un été. Le temps pour le papa écrivain de trouver l’inspiration pour son nouveau roman. Partis sans demander leur reste, que sont-ils devenus? À Valmoline, le présent et le passé ne semblent former plus qu’un.

Dans un genre rarement exploité à la télévision française, Le chalet choisit la carte du thriller. Dans des décors oppressants, le casting joue la partition du suspense et de l’angoisse avec brio. Une série qui sort enfin des sentiers battus. «L’idée de se placer dans un univers clos et de faire disparaître un à un des personnages a été immédiatement très excitante», explique Alexis Lecaye, l’un des deux scénaristes de la série. «C’est un principe canonique du thriller qui a l’avantage d’être aussi ludique qu’angoissant. Quels sont les univers clos les plus efficaces? La planète Mars, une île éloignée de tout, un village coupé du monde… L’île, c’est assez rebattu depuis Les dix petits nègres d’Agatha Christie, et en France, ce n’est pas trop crédible.» «Restait le village isolé en pleine montagne», rajoute Camille Bordes-Resnais, l’autre scénariste du projet. «C’est un environnement familier et qui véhicule instantanément tout un tas d’images: la forêt, la nuit, le vent dans les arbres, les animaux sauvages, l’angoisse…»

Ballotté entre aujourd’hui et 1997, le public se perdra probablement de temps en temps dans la ligne du temps. Ce n’est évidemment que lors de l’ultime épisode que les deux fils narratifs se rejoindront. «Ce qui nous intéressait, c’était de jouer avec le temps, les époques, en passant de l’une à l’autre sans effets de mise en scène ou d’étalonnage, comme s’il s’agissait effectivement de deux espaces-temps équivalents dont l’imbrication forme un tout», précise Alexis Lecaye. «Ce qui permettait également de mettre en question le lien entre causes et effets. Si on y réfléchit, cela n’a rien d’artificiel. Dans la vie, il nous arrive à tous des choses qui sont le résultat d’événements passés plus ou moins lointains, dont parfois nous n’avions pas même connaissance. En somme, nous ne prenons conscience des causes qu’après leurs conséquences. Et si ces conséquences sont mystérieuses, le risque est alors de se tromper de causes…»

Véritables personnages à part entière, le chalet et le village de la série semblent avoir été créés de toutes pièces pour les besoins du scénario. «Le problème, à vrai dire, n’était pas de les trouver mais de les faire coexister», s’amuse Alexis. «Le chalet est à Chamonix, le village deux cents kilomètres plus loin, en Savoie, et le pont du Diable à quatre cents kilomètres de là, dans le Jura!» «Et pour couronner le tout, il était assez compliqué de tourner dans le chalet. Sous certains angles, on apercevait Chamonix, sous d’autres, le petit train qui passait presque dans le parc! Mais nous tenions à ce chalet, qui est hors norme», précise l’autre scénariste, Camille. «Il ne ressemble pas du tout à un chalet français. Je crois qu’il a été importé en pièces détachées du Canada dans les années 1960. C’était le seul qui avait cet aspect ancien, pas tellement réaliste, presque onirique. Pour moi, c’est une vraie maison de conte de fées. Elle me fait penser à Hansel et Gretel…»

 

Si la réalisation du Chalet est extrêmement soignée, le choix des comédiens l’est tout autant. Le casting choisi par la production réalise des prouesses. De Nicolas Gob à Éric Savin en passant par Blanche Veisberg ou encore Thierry Godard, chacun a trouvé un personnage à sa juste mesure, le tout offrant un résultat des plus réussis. Même si lors du premier épisode, il vaut mieux être bien concentré pour retenir l’identité du casting parfois (trop?) très nombreux.