Elle est l’une des stars de “Demain nous appartient”

Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur au Festival de Télévision de Monte-Carlo. @Reporters.

Ingrid Chauvin et Alexandre Brasseur au Festival de Télévision de Monte-Carlo. @Reporters.

Depuis juillet 2017, Ingrid Chauvin incarne Chloé dans la série quotidienne de TF1. L’actrice française de 44 ans y joue une mère de famille à la vie mouvementée. Présente au Festival de télévision de Monte-Carlo avec les autres acteurs du programme, l’ancienne star de Dolmen et de Femmes de loi a remporté tous les suffrages auprès des fans venus nombreux pour l’acclamer sur le tapis rouge. Toujours très souriante et à l’écoute, elle est l’une de ces actrices à la générosité et à la bienveillance naturelles.

Vous retrouvez-vous parfois dans votre personnage de Chloé?

J’avoue que cela m’arrive parfois. Et puis je pense que plus nous avançons dans le temps, plus les auteurs apprennent à nous connaître et à se nourrir de qui nous sommes vraiment. Je me retrouve à la fois dans son esprit de famille, sa force et sa fragilité. Elle est aussi forte que fragile, ce que je peux être dans la vie. Et elle a cette bienveillance pour les autres, l’envie de régler leurs problèmes.

Elle traverse de nombreuses épreuves. N’avez-vous pas envie d’un peu plus de légèreté pour votre personnage?

J’ai proposé aux auteurs de partir vers un registre un peu plus léger ou même vers la comédie, car j’adore ça. Le public ne me connaît pas dans ce registre-là mais j’aime vraiment cette légèreté. Cela me ferait du bien à titre personnel mais je pense que cela ferait aussi du bien aux téléspectateurs. J’ai pour le moment l’image de quelqu’un qui peut absorber les difficultés, les surmonter, une héroïne des temps modernes, courageuse, mais j’aimerais envisager d’autres horizons. Je ne sais pas si cela se fera ou pas mais nous sommes dans une série quotidienne, il faut trouver de l’inspiration pour tenir la distance toute l’année. Donc cela arrivera forcément que Chloé vive des choses plus amusantes.

Comment aimeriez-vous la voir évoluer?

Je ne sais pas du tout mais je laisse vraiment faire les auteurs car je les trouve très habiles. Ils nous guident très bien en nous offrant à jouer une belle palette d’émotions et d’histoires, extrêmement riches. De l’extérieur, les gens nous demandent souvent si nous n’en avons pas marre d’incarner tous les jours la même chose. Eh bien non, car c’est en fait tous les jours très différent. On travaille évidemment avec les mêmes personnes, mais nous sommes 250 sur la série, c’est une grosse équipe, il y a donc forcément des chassés-croisés. On se voit, on se croise, on se retrouve, on se perd de vue, il n’y a pas de lassitude. Entre les décors qui changent, les trois plateaux différents qui peuvent s’enchaîner sur la même journée, les guests occasionnels, on a presque le sentiment de passer d’un tournage à l’autre.

Pensez-vous que Chloé pourra être un jour heureuse avec Alex, son mari…

Elle n’est pas si malheureuse que cela même s’il leur arrive plein de choses! Ce qui les unit, c’est un amour profond même s’ils ne sont pas très habiles pour le gérer. Ce n’est pas un couple parfait, mais la perfection n’existe pas et de toute façon, ils se retrouvent à chaque fois. Il y a des dérapages, des erreurs, c’est maladroit, bancal, mais je crois en leur histoire.

Pourriez-vous incarner Chloé encore dix ans ou auriez-vous peur de vous enfermer dans ce personnage?

J’estime qu’aujourd’hui, ma carrière est un peu derrière moi! Donc oui, je me sens vraiment bien dans la série qui est devenue un projet familial. Mon mari est réalisateur sur la série et nous nous sommes installés à Sète, en famille. Par ailleurs, je continue ma collection de contes pour enfants, dont le troisième tome sortira en octobre. J’ai aussi des projets d’écriture en tête. Si ma vie s’organise comme cela, je signe des deux mais pour une aventure sur du long terme.

Bruno Madinier va venir tourner quelques épisodes. Vous avez longtemps joué avec lui. Comment se sont passées les retrouvailles?

C’était vraiment un désir de la chaîne. Mon personnage retrouve son amour d’enfance. Cela m’a fait plaisir de le revoir, cela faisait 15 ans que nous n’avions pas tourné ensemble. Avec Dolmen, nous avions vécu une expérience tellement énorme que nous avons directement retrouvé nos automatismes de l’époque.

Comment organisez-vous votre rôle de maman (ndlr: elle a un petit garçon âgé de 2 ans) avec un planning de tournage d’une série quotidienne?

Nous avons une nounou qui vit à domicile avec nous. Elle fait maintenant partie de la famille. Elle est là nuit et jour. Ce serait impossible de fonctionner autrement car nous avons des horaires très changeants. Cela permet à Tom d’avoir son papa et sa maman tous les jours à la maison mais avec une nounou qui veille sur lui quand nous ne sommes pas là. Il vient parfois nous voir sur le plateau mais nous n’aurions pas pu tout assumer sans une aide extérieure.

Paris vous manque-t-il?

Pas du tout! J’ai toujours été un petit rat des champs. J’adore Paris pour m’y balader de temps en temps, car justement, on voit alors la ville différemment. Mais nous nous partagions déjà entre Paris et Cannes car nous y avons une maison. Je n’ai aucun manque de Paris. C’est un bonheur de se réveiller le matin et d’avoir l’horizon et de l’espace devant soi. Cela n’a pas prix. Il y a aussi du soleil presque tous les jours. On peut élever son enfant en plein air. Tom a appris à marcher sur la plage! Il a la chance d’être tous les jours dehors. C’est un luxe extraordinaire. En tant que parents, c’est une chance inouïe de pouvoir offrir une vie pareille à son enfant.

Quelle relation entretenez-vous avec vos enfants dans la série, Max et Judith?

C’est une relation très tendre, il y a beaucoup de bienveillance. Ils sont nouveaux dans le métier et ils m’appellent «petite maman» ou «mamy». C’est très mignon. Je me souviendrai toujours du premier jour où j’ai rencontré Clément, qui joue mon fils. Il était vierge de tout, il était tout neuf avec un sourire jusqu’aux oreilles. Je l’ai guidé, je lui ai présenté un agent, il se confie beaucoup à moi, je suis un peu sa maman de cœur et c’est très touchant comme relation.