Pedro Alonso incarne le chef de bande dans la série de Netflix

Pedro Alonso, l'un des personnages forts de la série. @Reporters.

Pedro Alonso, l’un des personnages forts de la série. @Reporters.

Pedro Alonso, alias Berlin, est l’un des braqueurs de cette bande de voleurs atypiques qui ont monté le casse du siècle en investissant la fabrique nationale de la monnaie afin d’y imprimer en très grande quantité des billets. Leurs propres billets! Des cambrioleurs gentlemen qui ont séduit les téléspectateurs à travers le monde, avec toute la saveur de la langue espagnole. Présent au dernier Festival de télévision de Monte-Carlo, Pedro Alonso revient sur ce personnage qui l’a propulsé au firmament de la scène internationale.

Quand vous avez lu le scénario, avez-vous réalisé que ce serait un tel succès?

Il est toujours facile de parler de façon rétroactive! Je peux vous dire en tout cas que lorsque nous avons tourné la première saison, je pensais que la série allait marcher en Espagne. Je ne pouvais par contre pas me douter que le succès international serait dans cette ampleur.

Si vous étiez aussi riche que Berlin, que feriez-vous avec cette fortune?

Cette question fait s’envoler mon imagination! S’imaginer avec une montagne d’argent et ce que l’on ferait peut entraîner beaucoup de réponses banales. Mais si on prend la réponse très au sérieux, ce n’est pas si facile d’y répondre. Je pense que si j’avais cette fortune, je mettrais au point un programme pour remettre à zéro les cerveaux des grands dirigeants de ce monde. Je ferais un reset de la planète!

Votre personnage est un peu fou mais il n’en est pas moins attachant…

Il y a un véritable sens tragique dans ce personnage qui marche en permanence sur le fil du rasoir. Il sait que la mort est proche. C’est très intéressant. S’il n’y avait pas cet élément de la maladie incurable, on perdrait l’intensité de la tragédie liée au chef de la bande, un élément très important dans la profondeur du personnage. Pour ce qui est de la dramaturgie, sans vouloir paraître prétentieux, je trouve que Berlin est l’un des personnages les plus intéressants de ces dernières années. Il est de la même trempe que Bryan Cranston dans Breaking Bad ou encore que le Joker de Batman. Berlin est un personnage avec plein de nuances. Plus il a l’air fou, plus il est attachant. C’est un clown extravagant mais avec beaucoup de contraste. Il a quand même un côté adorable, vous ne trouvez pas? (Rires.) On pense que c’est un personnage froid mais en fait, il a beaucoup d’empathie. C’est un gars qui a un grand sens de l’humour et qui est surtout très à l’écoute. Il fait attention à ce que dit son interlocuteur. Il est juste hors des conventions, il déteste ça. Ou plutôt, il s’en moque! En fait, il fait ce qui lui chante. D’autant plus qu’il sait qu’il est très malade et que sa mort est imminente.

Auriez-vous pu jouer un autre personnage que celui de Berlin?

J’ai uniquement passé le casting pour jouer Berlin. Lorsqu’on m’a envoyé une partie du scénario de La Casa de Papel, j’étais à Mexico. C’est un endroit passionnant avec une énergie formidable, la culture y est impressionnante. Cette ville est remplie d’influences. La veille de lire le scénario, j’étais chez un ami et j’ai rencontré une personne étonnante, très habile et très dangereuse. Je me suis dit qu’il y avait comme un signe pour que je joue Berlin. J’ai décidé d’aller à Madrid pour passer le casting. Je sentais que j’étais porté par des vents favorables. J’ai pris ce rôle à bras-le-corps en me disant qu’il ne fallait pas que je fasse trop marcher mon intellect, que je rationalise trop. C’est un personnage très spécial mais je me suis facilement connecté à lui. Évidemment, j’ai beaucoup travaillé, je me suis documenté. Mais c’est la deuxième fois ou la troisième fois seulement dans ma carrière que je me connecte si facilement avec un personnage. Jouer Berlin a été un vrai cadeau.

Netflix a commandé une troisième saison. En ferez-vous partie?

Les deux premières saisons ont été extraordinaires, je suis encore en train de digérer cette expérience. Je ne peux pas encore me projeter dans une troisième saison. Je ne peux même pas vous dire si mes collègues de La Casa de Papel seront présents pour cette troisième saison. J’espère simplement qu’ils ne vont pas s’enfermer dans le succès de la série et qu’ils vont évoluer en jouant d’autres rôles.