L’actrice de “Candice Renoir” joue le combat d’une mère

Cécile Bois quitte la peau de Candice le temps d'un téléfilm. @Reporters.

Cécile Bois quitte la peau de Candice le temps d’un téléfilm. @Reporters.

Le temps d’un téléfilm, diffusé sur La Une en deux épisodes, Cécile Bois incarne une mère bouleversante de courage qui va tout faire pour sauvez sa fille atteinte d’une maladie rare.

« Tu vivras ma fille », ce n’est pas juste un téléfilm…

Non, l’histoire est inspirée de la vie de Karen Aiach, une française de mon âge. C’était une femme comme les autres, qui a 35 ans, se marie et qui fait un enfant. Lors d’un simple contrôle médical, presque anodin, on détecte une anomalie chez sa fille de 6 mois. On se rend compte qu’elle souffre d’une maladie neurodégénérative qui conduit à la mort à moyen terme. Normalement, cette maladie se décèle vers 4 ou 5 ans. Là, où elle aurait pu être abattue, Karen se dit qu’elle a une chance là où d’autres ne l’ont pas eue, « ma fille n’a que 6 mois donc je suis sûre que je peux faire quelque chose ». Le film raconte le combat de cette femme pour lutter contre l’inéluctable et d’aller au-delà des certitudes scientifiques.

De savoir que le scénario est inspiré d’une histoire vraie, a-t-il changé votre approche de jeu ?

D’avoir la référence ce femme dont le parcours m’impressionnait beaucoup, cela donne une responsabilité que l’on n’a pas lorsqu’on interprète librement un personnage de fiction. Cela m’a fragilisée et je me suis posée beaucoup de questions. Je ne savais pas si je devais coller au plus près de ce qu’elle était ou me laisser une marge de jeu. J’ai compris que de me laisser ma liberté d’interprétation me permettrait d’aller sûrement plus loin que de suivre simplement son parcours.

Avez-vous rencontré Karen Aiach, la femme que vous incarner ?

Oui, j’ai eu cette chance. Nous avons un peu échanger par écrit avant le tournage. Elle n’était pas vraiment impliquée dans le projet. Même si elle était très contente que cela se fasse car nous allions parler de la maladie de sa fille, de la maladie de Sanfilippo. Elle était contente que nous rendions public toutes les recherches qu’elle fait. Elle est venue sur le plateau de tournage pour faire un peu de figuration pour que l’on ai son image dans le film. Elle est venue de façon extrêmement discrète déposer son fil dans le tissage du film.

Vous êtes vous-même maman, est-ce compliqué émotionnellement de jouer une maman confrontée à la maladie de sa fille?

Oui, je ne l’aurais pas joué comme cela si je n’avais pas été maman. Il y a beaucoup dans mon interprétation de mon instinct de mère.

Etait-ce agréable de jouer avec un bébé, même si cela implique certaines contraintes de tournage ?

Nous avons tourné avec plusieurs enfants. Nous avons eu des bébés mais aussi des enfants plus jeunes. Ce n’était pas contraignant. Arié Elmaleh a une relation géniale avec les enfants, ils l’aiment beaucoup. Les choses se sont faites naturellement. Moi j’ai aimé prendre à nouveau dans mes bras des bébés! Malgré le sujet, j’ai beaucoup de scènes de combat, de discussions scientifiques, qu’avec les enfants.

Justement, quelle facette du monde scientifique vous a le plus surpris?

Je ne suis pas familiarisée à l’univers scientifique comme l’est Karen. Mais ce qui m’a marqué dans cette histoire, c’est ce monde assez machiste de la science. Quand une femme tente de venir s’y imposer et qu’elle n’est pas scientifique elle-même, c’est très compliqué de se faire entendre et de s’imposer. Et puis les scientifiques, aussi savants soient-ils, sont des personnes qui à force de travailler avec des chiffres en perdre un peu d’âme. Pour certaines d’entre eux mais heureusement pas pour tous, il y a une froideur étonnante face aux cas qu’ils traitent.

Cela vous a-t-il fait du bien de vous éloigner un peu de Candice Renoir ?

Oui, bien sûr. C’est un des arguments qui m’a poussée à faire ce film, de m’éloigner de Candice si bien au niveau de l’univers que de son personnage. Pour trouver du plaisir à Candice Renoir, il faut que j’aille gambader dans d’autres prés. Sinon j’aurais le sentiment d’être enfermée dans un seul et quand l’on se sent enfermé, on n’a plus de plaisir. Il faut que je me sente libre d’aller me promener  dans d’autres prés.