Emmanuelle Seigner est l’actrice principale de « Insoupçonnable », diffusée sur La Une et TF1

Emmanuelle fait ses premiers pas dans une série. @>Reporters.

Emmanuelle fait ses premiers pas dans une série. @>Reporters.

Connue pour ses nombreux rôles au cinéma, Emmanuelle Seigner est une femme flic dans la nouvelle série de TF1 et de la RTBF, « Insoupçonnable ». Adaptée de l’excellente série anglaise « The Fall » avec Gillian Anderson, connue pour son rôle « X-Files » et Jamie Dornan, la star de « 50 Nuances de Grey », la série retrace l’enquête policière menée par le commandant Chloé Fisher sur les traces d’un meurtrier récidiviste. Dès le début de l’intrigue, le public connaît le nom du coupable. Un père de famille visiblement parfait sous tous rapports et « insoupçonnable ». La traque de Chloé, jouée par Emmanuelle Seigner, s’annonce difficile et complexe.

C’est la première fois que vous tournez dans une série télévisée mais ce n’est sûrement pas la première fois qu’on vous le propose…

Non, j’ai reçu plein de propositions  de série. J’en ai reçu beaucoup mais j’attendais que ce soit la bonne, avec le bon rôle. Quand j’ai lu le scénario de celle-ci, qui ne s’appelait pas « Insoupçonnable » mais « The Fall France », déjà j’avais beaucoup aimé la version anglaise. Je l’avais regardée car j’avais tourné avec Jamie Dornan et je voulais voir la série dans laquelle il avait tourné. Ensuite, j’ai beaucoup aimé l’adaptation française faite par Virginie Brac. Elle a gardé tout l’ADN de la série anglaise tout en la rendant plus commerciale, moins lente. Le rôle de Chloé était intéressant à jouer et cela m’intéressait également d’aller sur une chaîne grand public comme TF1. Elle est à l’aube d’un changement et j’ai trouvé cela audacieux de la part d’une telle chaîne  de se lancer dans une série transgressive.

Lorsqu’on tourne dans une adaptation, est-ce difficile de se défaire de l’oeuvre originale?

Je n’ai jamais pensé à The Fall car je l’avais vue il y a longtemps. De plus, le personnage que je joue est très différent. Il a été écrit d’une manière différente. Je suis beaucoup plus rentre-dedans, elle est plus centrée sur l’enquête, elle a moins ce côté « madone » que l’héroïne originale. Et puis, elle est moins anglaise! Forcément, il n’y avait pour moi pas de comparaison possible. Evidemment, les journalistes font toujours des comparaisons et je suis certaine que certains vont dire « elle n’est pas aussi bien que Gillian Anderson ».

Quel aspect de la personnalité de Chloé vous a plu? C’est une femme-flic différente des autres…

Exactement, je n’avais jamais vu une femme-flic comme ça. C’est une espèce de Columbo au féminin. En même temps, elle a un côté Super Jaimie, elle voit une mèche de cheveux coupée à 3 kilomètres, elle repère un beau mec super loin. Elle a un peu des super pouvoirs et j’aimais cet aspect « bande-dessiné » de sa personnalité. Chloé est aussi un peu comme un personnage de David Lynch, elle est un peu bizarre. On ne sait pas trop ce qu’elle cache même si on va le découvrir au fil des épisodes. On voit qu’elle a une grande fêlure et que c’est pour ça qu’elle fait ce métier. C’est un personnage mystérieux et profond, c’est ça qui me plaisait.

Quand avez-vous vécu le fait qu’on vous appelle « commandant » ?

J’ai adoré ça! Si on pouvait m’appeler « commandant » tout le temps, je serais ravie.

La série est parfois sombre. Est-ce pesant de tourner dans une telle ambiance?

Pour moi ce qui a été très dur, c’était de tourner à la morgue. Nous avons tourné dans une vraie morgue. Ca, ça a été vraiment compliqué. Que ce soit l’odeur, l’ambiance. Nous y avons tourné pendant trois ou quatre jours et c’était très dur. Le reste, ça a été. Cela allait tellement vite, il y avait tellement de travail, de texte à apprendre. On fait beaucoup de séquences par jour donc on n’a pas le temps de réfléchir.

Le message d’Insoupçonnable, ce serait « il faut se méfier de tout le monde » ou « l’habit ne fait pas le moine »?

Les deux ! Mais que ce soit le meurtrier ou Chloé, ils sont tous les deux insoupçonnables. Ils ont un peu tous les deux les mêmes obsessions. Elle a choisi le bien, elle aime défendre les femmes et se bat contre la violence faite aux personnes. Elle est du côté du bien mais elle reste très étrange et elle est un peu obsessionnelle dans sa façon de faire.

La série a été tournée à Lyon et non à Paris, cela a-t-il influé sur l’ambiance de la série?

Oui, énormément. Ils ont vraiment transposé l’idée de la série anglaise dans laquelle une flic de Londres doivent se rendre à Belfast. Justement, elle est un peu différente des gens avec qui elle va travailler. Elle est un peu plus « classe », plus sophistiquée. Dans la série anglaise, elle est londonienne, là je suis parisienne. C’était important ce décalage entre elle et les autres. Je pense que le choix de Lyon était très judicieux. C’est une ville magnifique, très cinématographique. En plus, avec le TGV, c’était très facile pour tout le monde de rentrer à Paris à la fin de la semaine. Le tournage a été très long, nous sommes restés plus de six mois en tournage, donc cela nous permettait de rentrer chez nous.

Les professionnels ne cessent de répéter que la frontière entre le cinéma et la télévision est de plus en plus mince. La télévision s’offre les moyens du cinéma. L’avez-vous ressenti lors du tournage?

Ha oui, vraiment. Mais c’est vrai que c’était une série qui avait de gros moyens. Nous avons eu de super producteurs qui nous ont facilité la vie car la vie pour les acteurs de série est vraiment dure. Ce n’est pas comme au cinéma où vous attendez pendant trois heures et puis vous tournez une scène sur votre journée. Là, du matin où l’on vient vous chercher jusqu’au soir, c’est comme si vous étiez dans une machine à laver. Donc il faut avoir un certain confort pour tenir le rythme et nous l’avions.

Vous attendiez-vous à ce que le rythme de tournage soit si éprouvant ?

Non, c’était vraiment dur ! J’ai eu un peu de mal à m’habituer. Surtout que je venais de sortir d’un tournage et j’ai eu quarante-huit heures entre les deux projets donc j’ai un peu souffert au début. J’ai eu du mal pour les quatre premiers épisodes mais ensuite j’ai pris le rythme et c’était très bien.

Normalement « Insoupçonnable » est une mini-série mais la version anglaise a eu trois saisons. Seriez-vous partante pour reprendre le rôle?

Ils n’ont pas annoncé de suite mais c’est vrai que j’aime tellement ce personnage et cette série que oui, je serais prête à recommencer. J’ai vraiment adoré jouer ce rôle.

Vous êtes également chanteuse. Avez-vous des projets musicaux ?

Oui, je forme un groupe qui s’appelle L’épée avec Anton Newcombe et Lionel et Marie Liminanas. Nous avons enregistré un album qui sortira dans le courant de l’année 2019. Sinon, je fais aussi une tournée de lecture musicale avec la chanteuse Dani.