France 2 consacre une série au géant de la littérature

Yannick Choirat incarne Victor Hugo. @France 2.

Yannick Choirat incarne Victor Hugo. @France 2.

Tout le monde a déjà entendu parler de Victor Hugo. Peu pourtant connaissent la vie privée tumultueuse de l’auteur des «Misérables». Homme de lettres, influenceur politique, le poète mort en 1885 est devenu une référence dans l’Hexagone. France Télévisions a choisi de lui offrir le premier rôle d’une mini-série, «Victor Hugo, ennemi d’État». Un programme en quatre épisodes qui dévoile les nombreuses facettes de sa personnalité. «L’idée de départ était d’un peu désacraliser l’idole Victor Hugo» confie sur le site de France 2 la scénariste, Sophie Hiet. «Nous voulions aller fouiller l’envers du décor, tant au niveau de sa vie familiale que sentimentale.» Et de préciser: «Il fallait répondre à des questions comme C’est quoi d’être la fille de Victor Hugo? Qu’est-ce que cela implique d’être son épouse, sa maîtresse officielle, sa seconde maîtresse? Pour parler de tout cela, nous avions besoin d’un espace narratif assez large de quatre épisodes.» Si ses œuvres littéraires et ses convictions politiques sont connues de tous, ses liens familiaux et les relations qu’il entretient avec ses proches et ses maîtresses sont les véritables thèmes principaux de cette série. «Ce sont ces allers-retours entre son histoire personnelle et son histoire publique qui a été le cœur de l’écriture», souligne Jean-Marc Moutout, le réalisateur.

Au casting, les téléspectateurs retrouveront Yannick Choirat dans la peau de Victor Hugo mais aussi Isabelle Carré qui se glisse dans le personnage de Juliette Drouet. «Elle était sa copiste. Elle l’aide dans son travail mais elle organise aussi sa vie», explique l’actrice. «C’est un peu son pilier. C’est la seule femme, en dehors de sa famille, qui le suivra dans son exil.» Très proche de l’auteur, elle est l’une de ses principales conseillères. «Juliette a plutôt tendance à vouloir l’éloigner de la politique parce qu’elle trouve que c’est en contradiction avec son engagement littéraire et que cela lui prend trop de temps. Au début du premier épisode, ils sont en train d’écrire Les Misères, qui deviendra Les Misérables. Elle sait déjà que c’est l’œuvre de sa vie. Elle a eu très vite conscience de ce que ce livre apportera dans les siècles à venir.» La copiste prendra aussi une place importante dans la vie privée du poète. «Quand on commence le scénario, on se rend compte que Juliette pense être la seule maîtresse de Victor Hugo. Elle est évidemment bien au courant que Victor vit avec sa femme, entouré de sa famille. Elle n’est pas du tout dans la compétition ou dans la concurrence vis-à-vis de ce foyer-là. Par contre, au fur et à mesure des épisodes, elle va se découvrir une autre rivale. Et ça va énormément la blesser. Petit à petit, elle devient de plus en plus légitime et elle s’impose presque comme sa seconde femme. Elle l’accompagnera jusqu’au bout.»

Au final, une mini-série divertissante dont la réalisation soignée plonge les téléspectateurs au cœur de l’histoire de France aussi passionnante que méconnue (1848-1851), celle qui a vu passer la France de la République à l’Empire.